LA  VOIX  DU  CAMEROUN

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Le gouvernement appuie la relance des filières cacao / café.

 Dans le cadre de la mise en œuvre du volet sectoriel de la stratégie gouvernementale de développement du secteur rural et de lutte contre la pauvreté, le Ministère de l’Agriculture a organisé, du 19 au 21 août 2003 à Yaoundé, une concertation Etat- Opérateurs privés, en vue de trouver les voies et moyens pour la relance et appui au développement des filières cacao et cafés. Cette concertation était guidée par la nécessité de tirer les leçons sur les limites de la libéralisation totale de ces filières, et de poser les jalons d’un programme de relance de la production dont la réalisation doit déboucher à terme sur une production cumulée de 330 000 tonnes, à l’horizon 2010.

 Des filières sinistrées

 

« Il convient de rappeler à tous les camerounais et surtout à nos jeunes que pendant plus de 20 ans après l’indépendance, l’économie nationale reposait principalement sur le cacao et le café. Nous voulons attirer l’attention sur le fait que le cacao s’étend sur cinq provinces et le café sur deux provinces. Cela veut dire que la production des richesses nationales reposait sur ces deux produits essentiels qui s’étendent sur sept provinces sur dix.

Après la déréglementation des conventions sur les produits de base décrétés par les Etats-Unis d’Amérique, sous la présidence de Reagan, les secteurs cacaoyer et caféier se sont effondrés. Il s’en est suivi sur le plan de la gestion des finances publiques, des déficits au niveau des comptes extérieurs et du budget de l’Etat.

Le gouvernement n’arrivait plus à subventionner les nombreuses sociétés d’Etat et d’économie mixte que nous avions créées dans le passé comme le fleuron de l’économie nationale. Il s’en est suivi la sinistrose générale au niveau des recettes fiscales intérieures et au niveau des recettes d’exportation. La source des richesses de plus de 2/3 de nos populations s’était donc tarie, plongeant le pays dans un processus d’appauvrissement continu. C’est cette situation qui a obligé le Cameroun à recourir au Fonds Monétaire International (FMI) pour un programme d’Ajustement Structurel (PAS) ».

Telle est l’analyse du Ministre d’Etat chargé de l’Agriculture sur les causes de la sinistrose qui affecte durement les filières cacao et cafés à l’heure actuelle.

En fait, les filières cacao et cafés ont constitué, pendant longtemps les « mamelles nourricières » qui permettaient de financer le fonctionnement des institutions du pays. L’Etat a consenti les efforts financiers considérables au cours de la période 1975-1990, pour assurer le développement de ces filières. Leur évolution a donc suivi depuis lors une courbe ascendante, pour plafonner autour de 120 000 tonnes de production au milieu des années 1980. En termes de proportions, cette évolution représente environ 1,5% du PIB national, 4% du PIB primaire et à peu près 1/3 du PIB du sous-secteur des produits agricoles destinés à l’exportation et  la transformation. 400 000 familles de producteurs tirent l’essentiel de leurs revenus de ces deux filières. De même, grâce aux recettes d’exportation générées par le cacao et le café, l’Etat a pu finaliser la création de nombreuses sociétés d’Etat et d’économie mixte, parmi lesquelles, l’Oncpb, le crédit agricole, le Fogape, la Zapi, pour ne citer que les cas qui intéressent le secteur rural.

Après la déréglementation des conventions sur les produits de base , dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), l’Etat a été obligé de libéraliser les filières cacao et cafés, conformément aux accords d’Ajustement Structurel passés avec les bailleurs de fonds.

Or, le choc d’une libéralisation totale que les agriculteurs ne voyaient pas venir, a eu un impact terrible sur leur niveau de vie . les solutions drastiques imposées par les bailleurs de fonds (FMI, Banque Mondiale) ont amené le Cameroun à « (…) à rétablir l’équilibre des comptes intérieurs et extérieurs, et à se plier aux injonctions de ceux qui lui fournissaient les ressources à cet effet ». Parmi les solutions proposées figure en bonne place la fermeture des sociétés d’Etat et d’économie mixte, dont on peut citer le Crédit Agricole, l’Oncpb, le Fogape, la Zapi, bref toutes les structures étatiques d’appui du secteur rural ont été fermées.

Cette situation imposée par la conjoncture nouvelle a eu pour effet la baisse vertigineuse du revenu net des producteurs et la faible rentabilité de la caféiculture en particulier. La baisse du revenu des agriculteurs s’est traduite dans les faits par une réduction de leur train de vie et de leur propension à épargner. La baisse des recettes des exploitations a fortement perturbé la protection de la famille, exposant celle-ci à un appauvrissement continu. « Voici donc les sources de la généralisation de l’appauvrissement dans toutes les couches sociales au Cameroun ».

Face à cette évolution dangereuse qui menaçait de remettre en cause l’équilibre, la stabilité de l’Etat et la paix sociale, l’Etat se devait de réagir pour juguler le marasme, au moyen de mesures énergiques. D’où le séminaire de Yaoundé.

 

 

 

 

 

Le gouvernement appuie la relance des filières cacao / café.

La nécessité de booster les filières cacao et cafés

 Avant le séminaire de Yaoundé, des actions ont été entreprises par le gouvernement pour relancer les filières cacao et cafés. Il en est ainsi des ateliers de concertation économique sur les politiques agricoles en février 2001, où il s’agissait de jeter les bases d’une relance de la production, en vue de réajuster les parts du marché du cacao et des cafés au niveau de celles du milieu des années 80. Dans cette perspective, le projet d’appui à la protection des vergers cacao/cafés a été mis en place. De plus, le gouvernement a réuni récemment les professionnels des filières cacao et cafés pour examiner dans quelle mesure pourrait être créé un fonds de relance, autant que les modalités de son fonctionnement.

Lors du séminaire de Yaoundé, les principaux axes de relance des filières cacao et cafés ont été les suivants :

Le renforcement de la lutte phytosanitaire comme facteur d’accroissement à court terme de la production ;

La production et la distribution des plants performants ;

La régénération progressive du verger café robusta (recépage, re-plantation) et éventuellement l’extension dès les premiers signes de remontée des cours ;

La vulgarisation des techniques de production appropriées, afin notamment de maintenir le verger résiduel de café arabica au sein des systèmes de cultures associés ;

La régénération progressive du verger café arabica (recépage, replantation) ;

L’organisation de la commercialisation et des productions ;

Le renforcement du champ d’action de l’interprofession ;

Les infrastructures et les équipements ruraux ;

La mise en place d’un fonds de relance et de sécurisation des revenus ;

La promotion de la transformation et de la consommation locales des cacao/cafés et de leurs exportations.

Le séminaire de Yaoundé s’est voulu une concertation Etat- opérateurs privés et bailleurs de fonds des filières cacao/cafés. Pour l’Etat, on a noté la participation :

-         Des représentants des principaux Ministères en charge de la promotion de ces filières – Minagri, Spm, Mindic, Minrest, Minepat, Minfib, Mintp, Minstrans ;

-         Les démembrements de l’Administration chargés du développement de ces filières et de l’encadrement des producteurs (Sodecao, Soweda, Irad, Pscc) ;

-         Les sept délégués provinciaux de l’Agriculture de la zone cacao/cafés.

En ce qui concerne le secteur privé, on notait la participation :

-         Des acheteurs ;

-         Des usiniers ;

-         Des transformateurs ;

-         Des distributeurs de produits phytosanitaires ;

-         Des exportateurs ;

-         Des OnG d’appui aux producteurs de cacao et de cafés ;

-         Des organismes de promotion de la qualité ;

-         De l’interprofession.

Pour le cas des bailleurs de fonds, étaient présents :

-         L’Agence Française de Développement ;

-         La Délégation de l’Union Européenne

-         La FAO ;

-         La Banque Mondiale ;

-         Le FMI ;

-         Le Pnud.

-         Au terme des communications des personnes ressources en plénière sur les domaines de la production, de la commercialisation, de l’organisation des producteurs et de l’organisation interprofessionnelle, quatre commissions ont été constituées pour les travaux en ateliers, de la manière suivante :

-         Commission sur la relance et le développement de la production ;

-         Commission sur la structuration professionnelle, interprofessionnelle, la commercialisation, la transformation et la consommation locales ;

-         Commission sur les infrastructures et équipements ruraux ;

-         Commission sur le financement.

A l’issue des travaux en commissions, une séance plénière de restitution et de débats a eu lieu, au cours de laquelle les principales résolutions ont été adoptées, notamment :

 

Au plan de la production

Entreprendre une campagne d’information, de sensibilisation et de mobilisation des producteurs autour de la relance de la filière ;

Actualiser les statistiques sur l’état des vergers cacao, café robusta, café arabica ;

Renforcer les compétences des producteurs en matière d’organisation des luttes phytosanitaires ;

Mettre à la disposition des cacaoculteurs et des caféiculteurs des appareils et produits phytosanitaires ;

Mettre à la disposition des caféiculteurs des engrais appropriés, en temps opportun et à un prix raisonnable ;

Poursuivre la recherche agricole en matière de cacaoculture et de cafériculture sur les aspects concernant : les semences améliorées, les besoins en éléments fertilisants du cacaoyer, les aptitudes des sols, les qualités spécifiques conférant un avantage compétitif à nos produits ;

Produire et multiplier le matériel végétal performant et en assurer la diffusion auprès des producteurs ;

Promouvoir la production des produits biologiques et du café arabica full washed ;

Diversifier les sources de revenus des producteurs, notamment par la valorisation des sous-produits de la filière, la diversification des cultures.

 

Au plan de l’organisation professionnelle et interprofessionnelle de la commercialisation et de la transformation locale

Renforcer les appuis à l’organisation et à la structuration des producteurs ;

Élaborer des textes spécifiques regissant l’interprofession ;

Réviser les textes et renforcer les critères de création des coop/Gic ;

Développer un cadre formel de concertation permanente entre les opérateurs et l’Etat ;

Faciliter l’accès des acteurs de la filière aux médias publics, privés et aux radios rurales ;

Réviser les textes en vigueur ;

Responsabiliser les opérateurs dans chaque département administratif ;

Relancer le système de crédit d’enlèvement sécurisé ;

Adopter des politiques de commercialisation visant des segments de marché bien ciblés ;

Réviser les textes et les normes des produits transformés commercialisables au Cameroun ;

Faciliter la promotion des produits transformés localement ;

Promouvoir la transformation à petite échelle et la vulgarisation des résultats de la recherche disponibles sur les technologies de transformation des produits de la filière ;

Relever le label Cameroun fortement déprécié.

 

Au plan des infrastructures et équipements ruraux

Impliquer davantage toutes les structures intervenant dans le secteur en collaboration avec le Ministère des Travaux Publics ;

Explorer toutes les opportunités offerte par le mode de transport fluvial et lacustre jadis pratiqué avec bonheur ;

Identifier les équipements appropriés pour une expression optimale des efforts des producteurs et promouvoir l’utilisation de ces équipements ;

Identifier les besoins réels en aménagement de l’espace rural, en structure socio-économiques communautaires ;

Planifier les actions ;

 

Au plan du financement

Financer la production du matériel végétal de base, la multiplication des plants améliorés, le désenclavement des bassins potentiels de production et les opérations d’abattage ;

Réinstaurer les primes à la régénération et à la création des plantations ;

Apporter un appui financier à l’acquisition et à l’utilisation des matériels et produits de traitement ;

Financer la vulgarisation des lois sur les intrants agricoles et la mise sur pied d’un système permanent et fiable d’information ;

Exonérer des droits de douane, les équipement de transformation, en exigeant un taux minimal de transformation locale ;

Bonifier les taux d’intérêts sur les crédits de campagnes ;

Dégager les ressources en dehors des filières elles-mêmes, pour le financement de la relance ;

Établir une liste exhaustive du matériel agricole à exonérer des droits de douane ;

Mettre en place un cadre institutionnel pour couvrir la retraite des producteurs et les risques liés aux activités agricoles ;

L’application effective des résolutions ci-dessus énumérées présuppose la réalisation de certaines actions concrètes, notamment :

-         La mise sur pied d’une opération vigoureuse et d’envergure nationale pendant deux ans, en vue de la protection des vergers cacao et cafés existants ;

-         La mise en place d’une institution de financement agricole adaptée au développement rural ;

-         La mise en place d’un comité ad-hoc chargé de l’évaluation du coût de la relance ainsi que du suivi de la mise en œuvre de l’ensemble des résolutions de ce séminaire.

En tout état de cause, l’accomplissement de l’objectif 330 000 tonnes de production des cacao et cafés à l’horizon 2010, requiert, pour être effectif, la prise de mesures et décisions de la part du gouvernement. Dans les faits, cela se traduit par l’incitation des agriculteurs à renouer avec la production cacaoyère et caféière. Dans ce contexte, tout dépend de ce point essentiel : actualiser le financement pour la relance de ces deux filières, en résolvant notamment l’épineux problème de l’accès des agriculteurs aux intrants agricoles.

 

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