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Union des Populations du Cameroun

L'AME  IMMORTELLE  DU PEUPLE  CAMEROUNAIS

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Formation de l' UPC


 

Avant de parler de la fondation effective de l'UPC, il faut mentionner brièvement un autre groupe politique mineur de ces années 1945-1947, le Front Inter colonial . Il était composé d'anciens fonctionnaires, dont les chefs avaient posé les bases de leur organisation avant de rentrer de France au Cameroun en 1945, à l'instigation d'ultras antillais comme Raymond Sylvestre Alcandre.

Les chefs de la section camerounaise du Front Intercolonial, des hommes comme Samuel Moudourou, Jean Reily et Joseph Etoundi, étaient surtout des employés de bureau et des employés des chemins de fer. Les membres de ce groupe exprimaient les revendications des anciens fonctionnaires, mais étaient aussi très actifs dans le mouvement syndical et critiquaient les politiciens camerounais conservateurs comme Douala Manga Bell, et même les nationalistes modérés comme Charles Okala et Soppo Priso qu'ils suspectaient de collaboration avec l' Administration. Finalement, cette organisation d'ex-fonctionnaires fut l'une des forces qui contribua à la formation du RACAM, et fut donc abandonnée à son sort quand l'Administration prit fermement position contre cette organisation.

 

Au début de 1948, il n'y avait donc toujours pas d'organisation politique viable et autorisée, malgré les réformes constitutionnelles' de 1945-46 et l'ampleur des troubles politiques et syndicaux ayant eu lieu dans le territoire après la guerre. Certains conservateurs et modérés se contentaient de faire de la politique sur une base ethnique ou personnelle et persistèrent en fait dans cette pratique pendant la décennie qui suivit la guerre. Mais les syndicalistes et les intellectuels radicaux, ainsi qu'une partie des nationalistes modérés, reconnaissaient que seule une organisation politique cohérente permettrait aux Camerounais de défendre avec vigueur leurs intérêts collectifs. Le 10 avril 1948, dans un bar de Bassa, quartier de Douala, un certain nombre de Camerounais se rassemblèrent sans éclat, bien différemment de l'Assemblée exaltée qui avait vu naître le RACAM un an plus tôt, pour former l'Union des Populations du Cameroun . Ce groupe fit une première déclaration, surtout défensive, qui affirmait qu'il n'était né « ni d'inspirations douteuses, ni guidé par un esprit perturbateur., qu'il n'émanait « d'aucune puissance étrangère et ne dépendait d'aucun parti politique métropolitain ..»

 

Tout au plus, une phrase à la fin de l'innocente déclaration de l'UPC indiquait le vrai caractère du parti:

« ... grouper et unir les habitants du territoire en vue de permettre l'accession des populations du Cameroun à la formation d'une fédération par la réalisation d'un programme politique de démocratisation rapide et d'émancipation des populations exploitées par les trusts coloniaux et par l'élévation de leur standard de vie » .

 

 Les responsables du nouveau mouvement étaient pour la plupart inconnus des Français, ou du moins ne faisaient pas partie jusque-là des principaux militants nationalistes. Le secrétaire général du parti était Léonard Bouly, un ancien fonctionnaire qui ne s'était jamais distingué. En présentant les statuts de l'UPC au maire-administrateur de Douala, Bouly l'assura que l'UPC ne ferait pas de réunions avant l'acceptation de ses statuts .Les Français apprirent aussi de leurs agents de renseignements que Jacques Biboum avait, dans une conversation privée, attribué le lancement de l'UPC à d'anciens 'chefs du RACAM. Ceux-ci aurait-il prétendu, avaient choisi de rester dans l'ombre jusqu'à ce que le parti ait reçu une autorisation officielle. Une fois ce but atteint, le parti convoquerait un congrès qui formerait un nouveau bureau, et d'où sortirait une Assemblée semblable au RACAM. Portant, en obtenant leurs renseignements de ceux qui se mettaient en évidence, l'Administration n'en savait pas plus que ses informateurs.

 

Tout de suite après la formation de l'UPC, l'Administration se rendit compte que le nouveau parti allait vite prendre une importance considérable. On estimait déjà le nombre d'adhérents à une

centaine à la fin du mois d'avril. Malgré les tentatives du nouveau parti pour apparaître « responsable et non provocateur, les Français s'empressèrent de muter son secrétaire général, Bouly, sur un poste éloigné à Abong-Mbang, à l'est de Yaoundé. Bouly réagit à ce transfert avec indignation, faisant valoir ses treize mutations précédentes, sa situation de famille, et indiquant qu'à son avis, une telle mesure n'était pas justifiée puisque l'UPC avait agi ouvertement et jamais de façon répréhensible . Dans une lettre du 29 avril 1948, Bouly informa Gabriel d' Arboussier, le secrétaire du Rassemblement Démocratique Africain (RDA),  de la formation de l'UPC, et lui demanda toute l'aide possible. D'ailleurs d'Arboussier avait déjà informé ses camarades de l'existence de l'UPC que Um Nyobè lui avait annoncée précédemment par lettre. On retrouvait donc dans les communications avec l'extérieur les deux niveaux d'activité de l'UPC dans le territoire, l'un réel, l'autre officiel. Les Français furent bientôt à même de distinguer entre ces deux niveaux de militants et leurs perspectives, en comparant les lettres que le militant CGT Donnat envoyait à Bouly et à Um Nyobè :

« Il n'existe aucune camaraderie entre Donnat et Bouly. Le ton de la lettre a cette grandiloquence que l'on affecte volontiers pour parler aux non initiés. Cela confirme l'hypothèse émise que ce dernier n'est qu'un homme de paille».

 

Au niveau réel, d' Arboussier était aussi en contact avec Félix Moumié, dont la correspondance privée avec Um Nyobè portait alors sur la tactique que l'UPC devait adopter compte tenu des suggestions de d'Arboussier. Aux deux niveaux, le réel et l'apparent, Donnat et d' Arboussier renseignaient l'UPC sur la question vitale de l'obtention de la reconnaissance officielle pour le parti. Quant à l'Administration coloniale, elle avait, dès la mi-mai 1948, définitivement identifié Charles Assalé et Ruben Um Nyobè comme les personnages importants qui restaient dans l'ombre et comme les auteurs de « l'Appel aux Camerounais » de l'UPC, tandis qu'on n'attribuait à Bouly qu'un « rôle très secondaire». La position de Soppo Prisa apparaissait délicate puisqu'il conseillait l'UPC sur la révision des statuts, dont les Français avaient refusé la version originale, mais restait en privé très critique à l'égard du nouveau mouvement. En outre, il s'en fallait de peu à ce moment pour que l'UPC fût interdite, comme l'indique le déclaration de l'administrateur en chef de la région Wouri (dont Douala fait partie) :

 

« Je serais enclin à interdire cette association, mais encore ne faudrait-il pas que cette mesure soit interprétée ou habilement exploitée en invoquant les articles de la nouvelle constitution.

Si l'autorisation était accordée, il devrait être formellement précisé que la moindre agitation de nature à troubler l'ordre public, à nuire à la puissance tutélaire ou à porter atteinte à la vie des personnes, entraînerait immédiatement la dissolution de cette association ».

 

Avec cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête, les organisateurs de l'UPC se composaient prudemment. Finalement, le 9 juin 1948, l'Administration, faute de preuves tangibles des agissements nocifs du nouveau groupe, et coincée entre les termes de la Constitution Française et les pressions du RDA et des parlementaires communistes à Paris, accusa officiellement réception des statuts de l'UPC, ce qui équivalait à la reconnaissance légale . L'UPC avait donc arraché à l'Administration sa reconnaissance légale, mais il ne s'agissait là que d'une victoire des plus formelles. Cela n'empêcha pas l'Administration d'interrompre les réunions du parti où et quand elle le jugeait bon, de saisir ses publications, ses documents et lettres privées, comme bon lui semblait, d'arrêter les militants sur des accusations insignifiantes simplement pour désorganiser leur travail, et enfin de persécuter ceux qui se déclaraient membres du nouveau parti et favorables à son programme. Dans la logique bizarre des régimes d'oppression, alors que l'autorisation semblait conférer au parti des droits légaux, il aurait fallu, pour profiter réellement de ces droits, un atout qui restera toujours hors de portée de l'UPC : l'approbation officielle.

 


 

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