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U . P . C Union des Populations du Cameroun L'AME IMMORTELLE DU PEUPLE CAMEROUNAIS |
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L' Internationalisme de l' UPC Ruben
Um Nyobè déclara un jour que «
les responsables et les militants
de l'UPC sont imprégnés d'un sentiment de solidarité internationale »
. Sur ce point également, le caractère exceptionnel de son expérience
historique, el notamment le statut international du territoire, sont des
facteurs qui ont pu jouer. La présence fréquente de militants de premier
plan de l'UPC comme Abel Kingué ou André-Claude Nyobè aux-conférences
internationales de la jeunesse ou de la paix organisées par les partis
communistes d'Europe de l'Est contribua peut-être à donner à ces
militants une vision plus globale de leur lutte. Néanmoins, les
conceptions internationalistes de la direction de l'UPC trouvent tout leur
origine dans l'intensité du combat mené par le parti pour l'autodétermination
du pays et qui le conduisit à identifier sa cause à celle des peuples
qui subissaient le même colonialisme français: « Il
faut que le gouvernement français facilite la réunification du Vietnam
et la création d'un groupe vietnamien issu des élections générales et
libres dans l'ensemble du pays; il faut reconnaître aux peuples tunisiens
et marocains, ainsi qu'à tous les peuples coloniaux, le droit à disposer
d'eux-mêmes » Au début des années cinquante, alors que
les députés du RDA à l'assemblée nationale et les autres députés
africains associés aux Indépendants d'outre-mer (IOM) de Léopold
Senghor et du Dr Aujoulat montraient clairement leur peu de sympathie pour
les mouvements nationalistes d'Algérie et d'Indochine, l'UPC intensifiait
son soutien à ces deux luttes coloniales. Ce soutien allait souvent
au-delà des simples proclamations de solidarité: Le
peuple camerounais a boycotté à plusieurs reprises les collectes destinées
à l'entretenir (la guerre au Vietnam). Par la voix de son journal,
l'Union des Populations du Cameroun a dénoncé la sale guerre et invite
le peuple camerounais à ne pas souscrire pour la continuation du carnage
en Indochine. L'UPC
faisait souvent référence à ce qui se passait ailleurs dans le monde
dans son dialogue permanent avec les nationalistes modérés dont
l'attitude anti-UPC était, à son avis, le résultat des manœuvres de l'
Administration coloniale. Ainsi, quand le leader syndical modéré Ferhat
Hached fut tué en Tunisie, l'UPC utilisa l'incident pour montrer aux
autres nationalistes du Cameroun que le gouvernement français était prêt
à éliminer aussi les modérés qui œuvraient pour l'émancipation de
leur pays . De la même façon, l'UPC souhaitait que la formation en 1952
d'un Front Algérien composé d'éléments nationalistes disparates soit
un exemple pour les Camerounais divisés par les questions ethniques et régionales:
...
Il apporte la démonstration qu'il est possible, en laissant de côté
tout ce qui divise, de rassembler autour d'un programme limité et précis
sur un objectif commun immédiat, tous les patriotes, sans aucune
exception, et de réaliser ainsi l'unité d'action de tout le mouvement
national contre l'impérialisme... Les Camerounais ne sauraient rester
indifférents devant l'exemple du
Front Algérien... En
ce qui concerne enfin son attitude à l'égard des grandes puissances
mondiales, l'UPC exprima son inquiétude au sujet du réarmement allemand,
de la politique prétendument impérialiste des Etats-Unis, et de la
coexistence pacifique entre les deux blocs. On peut attribuer l'opposition
de l'UPC au réarmement de l'Allemagne et son appel à la
coexistence pacifique à l'influence persistante du PCF, au souvenir des
épreuves des deux guerres mondiales et à la peur très répandue dans le
Cameroun d'avant 1939 que le territoire ne soit cédé à l'Allemagne
nazie . L'UPC combattait la domination coloniale de la France, mais sa
direction affirma toujours que derrière la répression des mouvements
nationalistes par les puissances coloniales se cachait la force économique
et militaire des Etats-Unis
: Nous
savons, quant à nous, que la défaite du colonialisme en Indochine était
bien la défaite de l'impérialisme américain, qui n'a épargné ni les
crédits ni les engins militaires pour aider à l' asservisse ment par les
armes des peuples d'Indochine…du
fait que le gouvernement français se préparait à reconnaître le parti
comme interlocuteur valable et souhaitait entamer le dialogue à condition
que le parti ordonne à ses militants de ne pas manifester pendant la
visite de la Mission. Um
Nyobè fit une réponse en deux points: tout
dialogue devait, d'une part, être avorté avec l'UPC et non avec lui en
tant que personne; et, d'autre pan, toute discussion devait porter sur les
objectifs de l'UPC précisés dans certaines de ses déclarations. En
effet, les dirigeants du parti soupçonnait l'Administration de vouloir
leur faire amorcer le même repli stratégique et le même tournant
qu'Houphouët-Boigny en 1950 : collaborer avec les autorités françaises
et mettre une sourdine à la critique de la politique coloniale française.
D'après Um Nyobè, ils subirent une pression semblable en avril 1956
quand le directeur des écoles de la Mission presbytérienne américaine,
M. Ryter, informa Um Nyobè par lettre qu'un sauf-conduit lui serait
accordé pour rencontrer des représentants français et discuter de la
situation; Um Nyobè répondit en envoyant des copies de documents de l'UPC
comme base . de discussion. Ces deux tentatives, qui s'ajoutèrent à
d'autres moins officielles, furent vaines . L'impasse où se trouvaient l'UPC
et les autorités coloniales en 1955-56 est liée au fait que rien n'avait
changé, d'un côté comme de l'autre, depuis mai 1955. L'UPC se
retranchait derrière son pro- gramme de réunification et d' indépendance
et son refus de discuter des relations entre la France et le Cameroun
autrement que sur la base d'une concession française sur ces deux points,
alors que le gouvernement français, de son côté, ne semblait même pas
les considérer comme objet de discussion. Après
les élections de janvier 1956 et l'adhésion enthousiaste des candidats
aux sentiments nationalistes, une détente s'installa claire- ment dans le
territoire, sans toutefois être suivie d'un dialogue entre l'UPC et l'Administration.
Mais il existe des rapports témoignant de réunions publiques tenues
par l'UPC en février et mars sans aucune pertUrbation de la part des
autorités. On annonça même que Um Nyobè circulait librement dans son
village de Bumnyébel et que l'Administration ne s'était livrée
à aucune manœuvre pour le faire arrêter. En mars, les membres de l'UPC
emprisonnés furent relâchés, et parmi eux figurait le dirigeant Mathieu
Tagny .En fait, c'est après le remplacement de Pré que la répression à
l'encontre de l'UPC s'adoucit de façon évidente. En juillet,
cinquante-neuf militants furent libérés et, en août, le gouvernement
français annonça son intention de proposer une loi d'amnistie à la
prochaine session parlementaire . Mais toutes ces tentatives partielles de
réconciliation avec l'UPC, qui ne s'accompagnaient d'aucune concession
sur les problèmes de fond, ne parvinrent pas à convaincre le parti de la
bonne foi des autorités, d'autant que la réalité montrait bien les
efforts permanents de l'Administration pour encourager une scission'
,,",., au sein de l'UPC. Dans un article bien en vue du principal
journal ,
du territoire, la Presse
du Cameroun, daté du 4 avril 1956, deux membres de l'UPC, Timothée
Maah et Pierre Penda, déclarèrent ne plus accorder leur confiance à
trois dirigeants communistes importants de l'UPC qui ne s'étaient pas
soumis à la déclaration de neutralité, concernant les deux blocs, faite
par Um Nyobè devant les Nations Unies en 1952. La lettre de ces deux
hommes était de toute évidence en relation avec les rumeurs qui
circulaient à l'époque dans ce journal sur la possibilité d'une « révision
de doctrines» au Cameroun, du type de celle qui avait eu lieu en Côte-d'Ivoire,
et sur la capacité éventuelle de Um Nyobè « dont on connaît l'honnêteté
intellectuelle... » à adopter, comme Houphouët-Boigny, « une
politique réaliste et
constructive». Cette campagne eut l'effet inverse du but souhaité.
Dans sa réponse à Maah et Penda dans la Presse du Cameroun, du 25
avril, Um Nyobè les attaqua vivement, ainsi que le journal et tous ceux
qui participaient à ce qu'il qualifia de « campagne systématique de dénigrement
destinée à tenter de briser le mouvement de libération nationale de
notre pays» Il fit remarquer que Maah et Penda avaient déjà été démasqués
comme ayant trahi l'UPC à une conférence du mouvement qui eut lieu à
Kumba (dans le Cameroun britannique) entre le 21 et le 23 février 1956. Le
seul contact public entre l'UPC et les autorités françaises au cours de
cette période n'augura guère de l'établissement d'un modus vivendi qui
aurait permis la réémergence du parti dans la vie politique du
territoire. Le 30 avril 1956, Mathieu Tagny fut autorisé à comparaître
devant une commission d'enquête de l'Assemblée nationale française
conduite par Roben Buron. Il se présenta accompagné d'un groupe estimé
à deux cents personnes et informa la commission que l'UPC restait le
mouvement national le plus représentatif du territoire et qu'il était
encore temps pour la France de faire preuve de sa bonne volonté en décidant
l'amnistie sur les événements de mai 1955 et en donnant satisfaction aux
deux revendications nationales : la réunification et l'indépendance.
Puis, avec une superbe qui n'aura sans doute guère plu aux autorités, il
déclara: «Je
vous ai dit que l'UPC n'est pas dissoute. Voyez-vous mêmes, nous sommes
ici en délégation du l UPC ». Grâce
à l'Union Nationale de Soppo Priso, l'UPC eut cependant une
« couverture» à son fonctionnement semi-public. Ses représentants
participaient en effet ouvertement aux réunions de l'Union Nationale et
l'on peut dire que l'attitude de l'UPC à 11 égard de Soppo Priso et de
l'Union Nationale passa du stade du soutien passif à un optimisme réservé.
L'UPC avait soutenu l'élection de Soppo Priso en 1954 mais avait peu reçu
en échange. Et quand, vers la fin de 1955, Soppo Priso tentait toujours
de. convaincre les autorités françaises de modifier leur position à
propos du Cameroun, la direction de l'UPC condamna le président de l'ATCAM
pour être l'un « des élus coutumiers du double jeu... qui croient que
le problème national se règle dans les discussions de salon». Lorsque
Soppo Priso rompit avec les Français en juin 1956 et tenta d'organiser un
mouvement de masse pour protester contre la Loi-Cadre, les sympathisants
de l'UPC présentèrent la participation du parti à l'Union Nationale
comme une preuve de sa détermination à pour- suivre ses objectifs par la
négociation. Cependant, l'engouement de l'UPC pour l'Union Nationale ne
dura guère, sans doute pour deux raisons: la prudence à l'égard du
nouvel engagement militant des hommes politiques modérés, dont Soppo
Priso ; et la crainte de lui donner « le baiser de la mort »
puisque le nouveau mouvement était déjà critiqué comme étant un «
front UPC ». La déclaration
suivante de Um Nyobè,
dont chaque mot a été pesé par son auteur, témoigne bien de la
position publique du parti vis-à-vis du nouveau mouvement qu'il a lui-même
lancé: «
En effet, non seulement les trois mouvements prétendument dis- sous ont
connu un essor formidable dans la clandestinité, mais un grand mouvement
de masse s'est formé dans le pays sous le nom du courant d'Union
Nationale, auquel adhérèrent toutes les couches du pays, dont la majorité
des chefs traditionnels parmi lesquels l' Administration comptait trouver
un dernier appui »
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