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Union des Populations du Cameroun

L'AME  IMMORTELLE  DU PEUPLE  CAMEROUNAIS

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l' UPC et le Repli stratégique


Entre juin 1955 et juin 1956, l'Administration, qui était déjà confrontée à la montée d'un consensus nationaliste et au « vide politique », dû également faire face à un problème plus délicat, à savoir l'existence clandestine de l'UPC. On comprend, au regard de la situation complexe qui précéda les émeutes de mai 1955 et du succès du gouvernement français dans , son effort pour faire apparaître l'UPC comme le grand responsable de ces événements, que peu de commentateurs se soient penchés avec sérieux sur cette interprétation des faits. Il est toutefois plus difficile d'excuser ceux qui considèrent les émeutes de mai comme le premier épisode de la «montée» de l'UPC, suivi « peu après » par le déclenchement, par Um Nyobè et Mayi Matip, d'une campagne de type-guérilla parmi leurs frères basai de la subdivision du Nyong-et-Kelle .Comme nous le démontrerons à la fin de cet ouvrage, une période de dix-neuf mois sépara les émeutes de mai 1955 du début de la guérilla par l'UPC en décembre 1956, période pendant laquelle le mouvement nationaliste s'efforça de retrouver une activité politique légale et de poursuivre ses objectifs concernant l'évolution du territoire. Le recours à une situation révolutionnaire en décembre 1956 fut la conséquence directe du refus du gouvernement français d'accorder l'amnistie promise avant le scrutin de décembre 1956 (pour permettre la participation à ces élections des personnes amnistiées.).

 

! Moins d'un mois ? après les émeutes de mai, l'UPC tenta d'organiser dans la région de Douala des réunions qui furent aussitôt dispersées par l'Administration . En dépit de l'interdiction promulguée en juillet et des arrestations permanentes de militants du parti soupçonnés d'activités politiques clandestines, le mouvement réussit à tenir des réunions secrètes dans la partie française du territoire, et d'autres au grand jour, dans les Camerouns britanniques où de nombreux militants s'étaient réfugiés après les émeutes de mai . Dans le même temps, l'UPC entama des actions auprès du Conseil d'Etat pour faire annuler l'interdiction de juillet, utilisant l'argument selon lequel la loi de 1936 contre les mouvements armés n'était pas applicable dans le territoire sous tutelle du Cameroun. D'autre part, l'UPC affirmait n'être ni un mouvement armé ni une milice (102). Les dirigeants de l'UPC avaient à l'époque deux préoccupations: créer une organisation clandestine et s,e préparer à la visite en octobre 1955 d'une Mission des Nations Unies:

« Le travail que le bureau directeur se doit de donner à nos cama- rades, c'est de continuer à organiser et à éduquer la masse, en évitant les provocations et en prenant toutes les précautions contre les trahisons. A l'heure actuelle, une seule préoccupation retient l'attention du peuple camerounais, c'est la venue prochaine d'une mission de visite de l’ONU. Par cette occasion, l'unique dans l'histoire de notre pays, le peuple se pr6noncera pour son salut en réclamant l'uni- fication et l'indépendance immédiates » .

L'Administration, qui avait réussi à cantonner l'UPC à une vie clandestine, devint à son tour, en raison de la persistance du malaise dans le pays, l'objet de critiques de plus en plus violentes de la part de couches de la population jusque-là paisibles, Elle fut d'autre part forcée d'admettre l'efficacité et l'influence de l'UPC, malgré la répression dont elle était la cible, et la nécessité de négocier avec une organisation dont elle ne reconnaissait portant plus l'existence légale. L'espoir de l'Administration était alors de parvenir à séparer « l'aile modérée» de la direction des « radicaux ». Parmi ces derniers, beaucoup s'étaient réfugiés au Cameroun britannique pendant et immédiatement. après les émeutes. Quant à l'aile modérée, elle comprenait des syndicalistes comme Jacques NGom et Robert Ekwalla, rapidement relâchés de prison, et des dirigeants de l'UPC comme le médecin africain Mathieu Tagny, également libéré. L'attitude de Ruben Um Nyobè constituait une donnée d'un poids très lourd dans cette stratégie. Il s'était, en effet, mis ,en lieu sûr avant les émeutes et on pensait qu'il désapprouvait le manque de prudence de certains de ses camarades face à la provocation de l'Administration.

 

D'après Um Nyobè, deux émissaires servirent d'intermédiaires entre l'Administration et l'UPC en 1955-56. Le premier était un commerçant français de Foumban, André Bleyon, qui se fit le porte-parole de Guidon Lavallée, délégué du Haut-Commissaire à Douala . Le message du 7 novembre 1955 informait les dirigeants de l'UPC du fait que le gouvernement français se préparait à reconnaître le parti comme interlocuteur valable et souhaitait entamer le dialogue à condition que le parti ordonne à ses militants de ne pas manifeser pendant la visite de la Mission. Um Nyobè fit une réponse en deux points: tout dialogue devait, d'une part, être amorti avec l'UPC et non avec lui en tant que personne; et, d'autre pan, toute discussion devait porter sur les objectifs de l'UPC précisés dans certaines de ses déclarations. En effet, les dirigeants du parti soupçonnait l'Administration de vouloir leur faire amorcer le même repli stratégique et le même tournant qu'Houphouët-Boigny en 1950 : collaborer avec les autorités françaises et mettre une sourdine à la critique de la politique coloniale française. D'après Um Nyobè, ils subirent une pression semblable en avril 1956 quand le directeur des écoles de la Mission presbytérienne américaine, M. Ryter, informa Um Nyobè par lettre qu'un sauf-conduit lui serait accordé pour rencontrer des représentants français et discuter de la situation; Um Nyobè répondit en envoyant des copies de documents de l'UPC comme base de discussion. Ces deux tentatives, qui s'ajoutèrent à d'autres moins officielles, furent vaines.

 


L'impasse où se trouvaient l'UPC et les autorités coloniales en 1955-56 est liée au fait que rien n'avait changé, d'un côté comme de l'autre, depuis mai 1955. L'UPC se retranchait derrière son pro- gramme de réunification et d' indépendance et son refus de discuter des relations entre la France et le Cameroun autrement que sur la base d'une concession française sur ces deux points, alors que le gouvernement français, de son côté, ne semblait même pas les considérer comme objet de discussion.

 


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