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U . P . C Union des Populations du Cameroun L'AME IMMORTELLE DU PEUPLE CAMEROUNAIS |
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UPC Pièce Centrale de la Politique Camerounaise Malgré son exclusion des institutions du
territoire et de métropole, il est évident que l'UPC était au centre de
la vie politique camerounaise des années 1952-1954. Une lettre adressée
à la Quatrième Commission pour soutenir la visite de Um Nyobè en 1952
contient la proclamation suivante: « L'Assemblée Territoriale n'a pas de
pouvoir politique, sa seule fonction est de régler les questions budgétaires,
économiques et sociales. L'ATCAM de 1952-57 n'est pas compétent pour
traiter les questions politiques au nom du peuple camerounais. Aussi
longtemps que l'ATCAM ne s'occupe que de questions budgétaires, économiques
et sociales, l'UPC, le mouvement de libération nationale, comble un grand
vide: l'absence de représentation politique du peuple camerounais dans le
gouvernement local et aux Nations Unies. En
permettant aux dirigeants de l'UPC de venir défendre leurs idées, la
Quatrième Commission acceptait implicitement la thèse de l'UPC selon
laquelle les représentants élus à l'Assemblée Territoriale, n'ayant
pas d'autorité dans le domaine politique, ne pouvaient avoir le monopole
de la représentation à l'ONU. Il faut de plus souligner que, si l'UPC
fut finalement forcée de recourir à une politique de violence pour
poursuivre se~ buts politiques, elle n'avait jamais eu l'intention d'
ignorer les institutions politiques du territoire. L'UPC demanda
constamment la réforme de ces institutions et des élections sur
lesquelles elles étaient fondées, afin qu'elles permettent à toutes les
forces politiques du territoire de s'exprimer, et pas seulement à celles
qui étaient favorables à la domination coloniale française. « Mes amis et moi n'avons jamais pensé, encore moins soutenu que l'ATCAM était fantoche en tant qu'institution. Une Assemblée ne devient fantoche que dans la mesure où la totalité ou la majorité de ses membres ont été élus au moyen des fraudes, pressions, corruption, etc. Nous avons certes lutté pour le remplacement de l'ATCAM sans attribution politiques par un parlement habilité à faire des lois kamerunaises, toutes les lois kamerunaises, mais cela ne veut pas dire que nous considérions l'ATCAM en tant que telle, comme fantoche, car même un parlement peut être fantoche s'il est élu dans les conditions que je viens d'évoquer ». Comme
le fit remarquer Um Nyobè à la Quatrième Commission de
l'Assemblée Générale en décembre 1953, aucun des trois partis qui
avaient envoyé des représentants au débat des Nations Unies sur
l'avenir politique du Cameroun, c'est-à-dire l'UPC, l'ESOCAM et l'INDECAM,
n'était alors représenté dans l'Assemblée du Cameroun, ce qui prouve
à quel point l'A TCAM élue représentait mal la variété des opinions
politiques dans le pays. Répondant devant la Commission à l'accusation
selon laquelle l'UPC n'avait pas qualité pour parler au nom du peuple
camerounais, Um Nyobè déclara: «
... Tous les membres des autres partis qui se sont opposés à l'UPC
devant la Quatrième Commission ont été battus aux élections. Si les
battus aux élections ne peuvent représenter le peuple du territoire,
alors seule l'Administration peut les représenter, car il est
pratiquement impossible de gagner une élection sans le soutien de
l'Administration. . A la suite de la première visite de Um Nyobè aux
Nations Unies en 1952, l'UPC multiplia ses activités et ses
revendications. Pendant les deux années suivantes, des milliers de pétitions
critiquant tous les aspects imaginables de l'Administration française
furent envoyées aux Nations Unies. Le but de l'UPC était de se servir de
l'Assemblée Générale comme d'un groupe de pression, d'un levier qui
exigerait de plus en plus de réformes politiques des Français, et
finalement, espérait-on, l'indépendance. En tenant constamment les
Nations Unies informées de la manière dont la France n'appliquait pas
les résolutions concernant le Cameroun, le Chef du parti espérait
obtenir trois choses: discréditer l'Administration française; révéler
à quel point les élus du Cameroun dans une A TCAM sans pouvoir étaient
« des laquais. ; et forcer les Nations Unies à intervenir plus directe
ment pour accélérer le rythme des progrès politiques au Cameroun. Le 18
janvier 1952, l'Assemblée Générale vota une résolution exigeant que
les autorités administrantes indiquent dans leurs rapports annuels les
mesures prises pour faire avancer les territoires sous tutelle dans la
voie de l'autonomie ou de l'indépendance. Les Français ne s'y con- formèrent
pas. Une seconde résolution du 9 décembre 1953 reprit celle de 1952 et
demanda de façon plus précise un rapport des mesures prises pour réaliser
les buts politiques du système des tutelles, dont : a)
les consultations faites dans chaque territoire sous tutelle concernant
l'autonomie politique; b) la création dans chaque territoire sous tutelle d'organismes représentatifs, législatif et exécutif, et l'extension de leurs pouvoirs ; c)
l'institution dans chaque territoire sous tUtelle du suffrage universel
adulte et d'élections directes Les Français ne firent rien de tout cela au Cameroun pendant plus de trois ans, jusqu'à la période qui suivit l'interdiction de l'UPC. Par
suite des contacts de l'UPC aux Nations Unies et du simple fait que la
politique de la France au Cameroun était, comme le soulignait l'UPC, tout
à fait différente des intentions affirmées du système des tutelles, le
rejet de l'UPC par la France, comme s'il s'agissait d'un simple groupe de
Camerounais très cont une « couverture » à son fonctionnement
semi-public. Ses représentants participaient en effet ouvertement aux réunions
de l'Union Nationale et l'on peut dire que l'attitude de l'UPC à 11 égard
de Soppo Priso et de l'Union Nationale passa du stade du soutien passif à
un optimisme réservé. L'UPC avait soutenu l'élection de Soppo Priso en
1954 mais avait peu reçu en échange. Et quand, vers la fin de 1955,
Soppo Priso tentait toujours de. convaincre les autorités françaises de
modifier leur position à propos du Cameroun, la direction de l'UPC
condamna le président de l'ATCAM pour être l'un « des élus coutumiers
du double jeu... qui croient que le problème national se règle dans les
discussions de salon». Lorsque Soppo Priso rompit avec les Français en
juin 1956 et tenta d'organiser un mouvement de masse pour protester contre
la Loi-Cadre, les sympathisants de l'UPC présentèrent la participation
du parti à l'Union Nationale comme une preuve de sa détermination à
pour- suivre ses objectifs par la négociation. Cependant, l'engouement de
l'UPC pour l'Union Nationale ne dura guère, sans doute pour deux raisons:
la prudence à l'égard du nouvel engagement militant des hommes
politiques modérés, dont Soppo Priso ; et la crainte de lui donner « le
baiser de la mort» puisque le nouveau mouvement était déjà critiqué
comme étant un « front
UPC ». La déclaration
suivante de Um Nyobè,
dont chaque mot a été pesé par son auteur, témoigne bien de la
position publique du parti vis-à-vis du nouveau mouvement qu'il a lui-même
lancé: « En effet, non seulement les trois
mouvements prétendument dissous ont connu un essor formidable dans la
clandestinité, mais un grand mouvement de masse s'est formé dans le pays
sous le nom du courant d'Union Nationale, auquel adhérèrent toutes les
couches du pays, dont la majorité des chefs traditionnels parmi lesquels
l' Administration comptait trouver un dernier appui » devint
de moins en moins convaincant à l'ONU et au Cameroun. Dans une lettre
adressée au gouverneur du Cameroun, André Soucadaux, le 27 avril 1954,
les chefs de l'UPC proposèrent la création d'une assemblée locale dans
chaque subdivision, ce qui était une réforme politique demandée depuis
longtemps par l'Assemblée Générale. Selon Um
Nyobè, «
dans la discussion que
nous avons eue avec les membres
de l'Assemblée (ATCAM), nous avons remarqué que la majorité approuvait
nos propositions, mais manquait du courage nécessaire pour prendre
position publiquement » Même
pour réclamer cette mesure, l'UPC se trouvait pratiquement seule.
D'autres hommes politiques appartenant à l'USC ou au BDC demandaient bien
des réformés politiques, mais le faisaient tout en soutenant fermement
la politique générale de la France envers le Cameroun. Leurs
revendications étaient donc peu convaincantes puisque la politique
globale de la France à l'égard du Cameroun avant 1956 consistait à intégrer
dans l'Union Française, au même titre que les autres territoires français
d'outre-mer, les pays sous-tutelle, et c'était précisé- ment pour cette
raison qu'elle ne prévoyait pas de donner l'autonomie politique aux
Camerounais. Le 7 mars 1954, dans une assemblée générale au Cameroun, l'UPC présenta son programme politique. Il était en accord étroit avec les résolutions mêmes de l'Assemblée Générale de l'ONU: référendum sur la question de l'unification dans les deux territoires, application des résolutions de 1952 et 1953 des Nations Unies concernant le délai à fixer pour l'accession à l'indépendance, multiplication des communes rurales avec assemblées élues au suffrage universel et collège unique, élection d'une assemblée législative, création d'un conseil de gouvernement élu, toutes ces réformes devant s'appliquer aux deux Camerouns Mais les Français refusèrent de céder sur tous les points; quand ils se décidèrent finalement à procéder à des réformes retardées pendant si longtemps, à commencer par la multiplication des communes rurales au début de 1955, ces réformes furent accompagnées d'une campagne orchestrée pour réduire au silence le défi de l'UPC. On peut considérer les deux années qui s'écoulèrent entre le retour de Um Nyobè de sa première visite aux Nations Unies au début de 1953 et le remplacement du gouverneur Soucadaux, un opposant prudent de l'UPC, par le dynamique mais impulsif Roland Pré, comme une période d'opposition totale entre la propagande incessante de l'UPC et le refus constant de l'Administration de lui céder un pouce de terrain. Le Cameroun vit donc s'accroître la tension politique entre deux forces qui ne voulaient rien se céder et qui s'affrontaient devant le même corps politique.
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