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U . P . C Union des Populations du Cameroun L'AME IMMORTELLE DU PEUPLE CAMEROUNAIS |
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Pédagogie politique de Ruben UM NYOBE Um
Nyobè avait coutume d'affirmer: «l'Indépendance passe avant le
pain journalier». « L'U.P.C., disait-il, l'obtiendrait,
non par les armes, mais dans le calme et dans le cadre de la Charte des
Nations Unies ». «La lutte armée, poursuivait-il,
a été menée une fois pour toutes par les Camerounais qui ont
largement contribué à la défaite du fascisme allemand » «Les libertés fondamentales et
l'indépendance, enseignait-il aux cadres de l'U.P.C. ne sont plus
des choses à conquérir par la lutte armée». Une fois l'indépendance
obtenue, «il ne s'agirait pas de chasser
les Blancs. Ils resteront ici Contractuels, professeurs et autres. Je
reconnais que nous aurons encore besoin de conseillers, mais
le gouvernement sera camerounais »
Cet homme qui commença sa vie
professionnelle comme enseignant du primaire, avait su garder tout au long
de sa vie le sens de la pédagogie. Orateur de grand talent, s'exprimant
couramment tant en Basaà qu'en Ewondo, Bulu, Pidgin il avait retenu de sa
formation auprès des missions chrétiennes une profonde mesure de prédicateur.
Ses discours politiques constituent autant de prédications marquées par 1a
morale, par la quête du sens de l'existence et de la~'liberté.
La «grammaire politique» de cet «agitateur marxiste» (sic)
puise ses intuitions dans des énoncés bibliques du bien et du mal, de la
justice et de l'injustice. De ses origines, Um Nyobè conserve
une sorte de «rationalité paysanne ». Sa réflexion naît, avant tout,
d'une pratique. Lorsqu'il utilise des concepts, c'est pour en dégager
tout de suite les implications sur la vie quotidienne. Il s'attache à
mettre en évidence des évidences: ainsi de la vocation de l'homme' en général
à la liberté et donc, à
l'indépendance, dans le contexte colonial. De la même manière et
partant d'un raisonnement au ras-du-sol, il accumule sans cesse les menus
faits quotidiens, les analyse dans le détail, puis les relie entre eux en
se posant la question de savoir s'ils contribuent à la lutte pour l'indépendance
et la réunification ou, au contraire, font obstacle à leur avènement.
Ces deux paramètres premiers guident chaque étape de sa réflexion et de
son action. Um Nyobè; formé au syndicalisme, utilise la pédagogie du «
voir, juger, agir ». Mais avant de se lancer dans le « combat à haut
risque ) que constitua la lutte
pour l'indépendance, il bâtit l'infrastructure qui devait supporter
celui-ci. Les instances panafricaines L'U.P.C. fut une section
camerounaise du R.D.A. dont Um Nyobè lui-même assurait l'une des vice-présidences.
Ses prises de position lors des événements de Côte- d'Ivoire en 1950 démontrent
le lien qu'il fit entre la lutte au Cameroun et le sort de l'ensemble des
autres pays d'Afrique sous domination coloniale. Dans
la hiérarchie des forces en lutte contre le colonialisme, cette morale
lui semblait être au- dessus de toutes les autres. La notion d'intégrité
morale, ressort vital et principe d'action, permit à Um Nyobè de réconcilier
la formation chrétienne et les cosmogonies traditionnelles ,dont il était
tributaire. Son passage dans les Cercles d'Etudes Sociales semble
surtout avoir eu pour résultat un accroissement de ses capacités
d'organisateur et l'acquisition d'une méthode rigoureuse de travail et
d'analyse. Sa philosophie de l'existence est restée, quant à elle, marquée
par son éducation traditionnelle et celle chrétienne. Dans la religion
de son père, des luttes cosmogoniques opposent sans cesse l'homme aux
forces de la Nuit et de l'Invisible. Mais l'acteur social, protagoniste
desdites luttes, peut se rendre invulnérable face aux forces de
l'adversité pour autant qu'il est innocent et se maintient dans la
droiture, l'honnêteté, la justice et l'intégrité morale. Il fit ainsi
du « patriotisme, de la probité morale et de l'honnêteté politique
les garanties suprêmes de la victoire de ceux qui luttent pour la juste
cause » . Jusqu'en avril 1955, il pensait encore qu'il était
possible « d'arriver à l'Indépendance sans verser une seule goutte
de sang . Mais
la démarche de Um se traduit aussi par la mise sur pied de structures
concrètes capables d'incarner dans la réalité « le sacrement de
l'indépendance» dont les Signes et rites sont représentés par le
nouvel État indépendant et la Grâce par la conversion des conditions
faites à l'homme et à sa société. Il n'est pas exagéré d'affirmer
que dans l'imaginaire des hommes et des femmes de son époque, l'Indépendance
prit les contours d'une « Terre Promise ». Cependant, elle devait être
conquise sans recours à la violence des armes. Um ne fut pas loin de
penser que le recours à la violence tant par l'oppresseur que par
l'opprimé constituait un « aveu d'impuissance». Il était une
sorte de souillure qui altérait la Justice de la cause défendue.
Dans cette perspective, une cause juste n'avait pas besoin de
violence pour triompher. Elle devait triompher presque d'elle-même parce
qu'elle était juste. La
notion de « vérité politique» chez Um Nyobè se confond ainsi
avec celle de la ( juste cause ", car, affirmait-il, « seule
la vérité finit par triompher". De ces considérations, et de son
analyse sur la situation coloniale au Cameroun à cette époque, il semble
avoir pensé que le colonialisme ne recourait à la violence que lorsqu'il
n'était pas parvenu à briser ceux qui lui résistent, par la corruption
et le chantage. Mais lors- qu'il parvenait à désagréger la force morale
de ceux qui lui résistent, à travers des méthodes de corruption, alors
il pouvait se priver de l'usage d'une inutile violence. « Les autorités coloniales
s'attaquent au R.D.A., écrit-il en 1950, à « ce qui est le plus
cher à l'Afrique noire ", parce qu'elles « n'arrivent plus
à briser par la corruption et le chantage la marche des peuples africains
vers le bonheur et le progrès» . Comment, dès lors, esquiver la
violence coloniale en se maintenant dans l’ « intégrité morale»? Um
Nyobè crut résoudre ce dilemme en entrant dans le maquis pour y
organiser des «,zones libérées ". Mais il ne le résolut
pas car, quel est ce maquisard armé seulement de sa plume et de son
porte- documents? Il mourut, assassiné, sans arme sur lui. Dans sa stratégie politique, la
lutte des peuples africains s'inscrivait elle-même à l'intérieur de
celle plus vaste de tous les peuples asservis. « Les victoires du peuple
vietnamien sèment le découragement dans les milieux impérialistes. Les
colonialistes, écrit-il, veulent donc diriger toute leur colère
sur l'Afrique noire où ils veulent jouer leur dernière chance. »
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