U . P . C

Union des Populations du Cameroun

L'AME  IMMORTELLE  DU PEUPLE  CAMEROUNAIS

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LE PROGRAMME POLITIQUE DE L'U.P.C

LES ORIENTATIONS POLITIQUES DU PARTI

L'UNITE de l'UPC

L'UNITE NATIONALE

LE DEVELOPPEMENT DURABLE

Ce que l'UPC propose aujourd'hui au peuple camerounais reste finalement occulté par les ambitions personnelles des acteurs ci-dessus décrits. La grande majorité des militants et du peuple qui espèrent au retour d'une dynamique de changement fondée sur le patriotisme, organisée et crédible, reste déçu, voire désabusée par les luttes intestines du parti. Mais il ne faut pas laisser croire que ces luttes porteuses de divisions sont sans solutions. Ce serait nier aux pères fondateurs de ce mouvement la capacité de bâtir du définitif et du reste, démentir le slogan d'immortalité de " l'Union des Populations du Cameroun, l'âme immortelle du peuple camerounais ".

 

L'immortalité  de la cause camerounaise.

 

Dès sa naissance le 10 Avril 1948, l'Union des Populations du Cameroun se dote d'un programme en deux mots : REUNIFICATION ET INDEPENDANCE. L'ordre des mots paraît avoir son importance. Sans doute le tribun UM NYOBE avait-il perçu que la meilleure victoire sur la France et l'Angleterre était de faire du Cameroun un Etat qui échappe à l'emprise linguistique exclusive de ces deux puissances coloniales. Par la réunification préalable, le démembrement définitif du Cameroun dans ses frontières admises par la SOCIETE DES NATIONS (SDN) était évité. L'usage des deux langues (anglais et français) sortait le pays de l'emprise exclusive du commun wealth ou de l'Afrique équatoriale française. Réunification donc pour faire du Cameroun un pays spécifique par sa vocation bilingue et s'assurer les richesses particulières que regorgeait le golf de Guinée. Ensuite indépendance. Mais ces deux revendications de base ne sont pas pour Ruben UM NYOBE une fin en soi. Il s'agit plutôt d'un point de départ, " d'un prélude à la réalisation d'autres objectifs à savoir, l'élévation du niveau de vie des populations, l'élimination de l'analphabétisme et la lutte contre la misère et l'ignorante "19. Dans le discours que prononce R. UM NYOBE à l'occasion de l'adhésion de l'UPC au RDA à Abidjan au début du mois de janvier 1949, le Grand Patriote Camerounais déclare : " Il n'y aura jamais d'Afrique Nouvelle sans démocratie. C'est pour grossir les rangs de ceux qui luttent pour l'émancipation de l'Afrique et pour le succès de la démocratie dans l'Union Française que j'apporte au Grand Rassemblement Démocratique Africain (RDA) l'adhésion enthousiaste de l'UPC ".

 

Ce discours prononcé moins d'un an après la création du parti nous semble ressortir assez clairement les objectifs poursuivis par le parti nationaliste en faveur de la cause camerounaise, de la cause africaine. N'est - il pas encore, en 1998, d'une brûlante actualité ? La démocratie inscrite comme condition d'une Afrique Nouvelle est encore aujourd'hui l'objet et la cause de l'engagement patriotique. La démocratie se trouve être pour la jeunesse africaine la seule vraie revendication qui assure l'épanouissement économique, politique et culturelle. Cette réalité conceptualisée mais souvent non exprimée, dément donc certains auteurs, leaders d'opinion au Cameroun, qui affirment sans assez de recul à notre avis, que l'UPC est morte. L'on citera, outre MAYI MATIP qui l'affirma de manière très intéressée en 1960, le Dr TJADE EONE, l'un des journalistes qu'on classerait au Panthéon de ce métier, et MONGO BETI, le célèbre écrivain et critique camerounais.

 

Alors éditorialiste du journal DIKALO. Le Dr TJADE EONE affirmait qu'à l'évidence, l'UPC devait accepter de mourir pour renaître des  cendres de sa caricature actuelle, puis énonçait parmi les renoncements qu'implique cette mort - renaissance, le renoncement  " à une symbolique (emblèmes) frappée de caducité qui, au lieu d'attirer les jeunes générations, semble plutôt leur faire peur " La réserve contributive qu'on décèle dans cet éditorial est comme balayée par MONGO BETI qui affirme, péremptoire : " Je pense aujourd'hui que l'UPC est morte, et il ne reste plus qu'à l'enterrer. (...) Le parti créé par, Ruben UM NYOBE meurt, au fond, d'avoir accompli la mission qu'il s'était fixée, à savoir, l'indépendance du Cameroun, et même, on ne le dit pas assez, l'indépendance de l'Afrique Centrale de la colonisation latine ". Or la volonté patiente de savoir ce que fut ce parti, ce qu'il propose (la démocratie, condition sine qua non d'une Afrique Nouvelle) engage encore beaucoup de jeunes d'aujourd'hui. Ils y trouvent leurs revendications conceptualisées et thématisées de démocratie, d'émancipation économique et culturelle, et de panafricanisme élaborées par les pères fondateurs depuis 1948. Ces revendications puisent dans nos valeurs traditionnelles et religieuses en ce qu'elles ont de projection vers le futur et la modernité. C'est pourquoi l'UPC ne saurait être identifiée à un individu ni à un groupe d'individus. C'est l'union historique et spirituelle de toutes les populations du Cameroun engagées dans la conquête de leur émancipation. Certains auteurs qui devraient mieux expliquer les évolutions politiques du Cameroun, ne se départissent pas assez de leur subjectivité, voire de leurs égoïsmes claniques, religieux ou linguistique, et tentent de renier ou d'occulter malicieusement l'historicité nationale dont l'UPC est encore et toujours porteuse. Ce faisant, ils se contredisent lorsqu'ils nous rappellent les dangers de l'amnésie, " cette maladie qui enferme dans une incohérence répétitive en nous privant des bienfaits de l'expérience cumulative ". Car à notre avis, les valeurs profondes du changement au Cameroun et en Afrique doivent être puisées dans notre histoire politique reconnue et valorisée, c'est-à-dire, s'agissant du Cameroun, dans l'histoire valorisée de l'UPC.

 

La symbolique décriée de l'UPC est-elle expliquée ou seulement connue dans sa signification avant d'être vouée à la caducité ? Nos exégètes nous ont-ils dit, comme le tentent les congressistes de septembre 1996 à MAKAK, que " l'emblème constitué d'un crabe noir sur le fond rouge symbolise les crustacés du rivage national (desquels notre pays tire son nom (Cameroun, de Camaroes) et l'alliance scellée par le sang des martyrs " ? Que la couleur noire du crabe se rapporte à la race noire de notre peuple et à l'union dont cette race fit preuve pour sortir du joug colonial d'essence racial ? Pourquoi ne disent-il pas assez que les martyrs de l'UPC ont été réhabilités et en quelques sorte élevés au rang de héros nationaux ? Toutes ces images devraient concourir à la sacralisation des valeurs qui scellent l'Union Nationale. Elles nous semblent très attachantes, génératrices d'élan patriotique, d'amour du pays, d'unité extra ethnique et de considération pour le bien public. Pourquoi la symbolique de telles valeurs ferait-elle peur aux " jeunes générations " plus que la flamme, les abeilles, la foule, le baobab et autres couleurs étonnamment proches des Etats qui agressent notre cher patrie ?25

 

Les principales revendications du Cameroun que sont la démocratie, la lutte contre la pauvreté et le développement durable, que spolient certains trusts internationaux (comme ELF dirait MONGO BETI) ont été inscrites dans l'article 1er des statuts de l'UPC dès sa naissance : " unir et grouper les habitants de ce territoire en vue de permettre l'évolution plus rapide des populations et l'élévation de leur standard de vie ". La démocratie n'est donc pas simplement une exigence étrangère de bailleurs de fonds, elle est une quête de toujours de notre peuple, une quête qu'aujourd'hui encore, l'UPC considère comme la condition même de tout changement en Afrique. Pour Ruben UM NYOBE et pour ses héritiers, c'est-à-dire  ceux qui voudront prendre connaissance de son testament politique, et l'exécuter, l'U.P.C. est l'union des camerounais de toutes ethnies et de toute origine contre le colonialisme d'hier, le néo colonialisme d'aujourd'hui et leurs tares que sont le mépris des volontés populaires, les " oppositions africaines ", c'est-à-dire, l'opposition des tribus contre d'autres tribus " en faisant croire aux uns qu'ils sont plus intelligents, et aux autres qu'ils sont plus riches et vont dominer le pays ". La construction de la Nation camerounaise, est une œuvre essentielle à laquelle tous les camerounais sont interpellés. C'est seulement si nous avons la pleine conscience et la ferme volonté de constituer une nation liée par l'histoire et la culture que nous ferons valoir nos indispensables revendications de développement durable et de liberté. Car il s'agit bien de revendications nationales. C'est ainsi aussi que nous apporterons quelque chose à la culture universelle. Le nationalisme camerounais existe. Si certains auteurs consacrés tentent encore aujourd'hui de renier le nationalisme camerounais, c'est parce que leurs égoïsmes ne leur permettent pas de se projeter et de concilier les exigences de coopération qui les étreignent. Lorsque le Pr. Joseph OWONA affirmait il y a quelques temps que le Cameroun était un Etat multinational, il ne semblait pas voir la symbolique historique et spirituelle qui lie tout le peuple camerounais. Il laissait ainsi entendre que chaque ethnie constituait une nation qui ne se reconnaissait pas dans une autre ethnie. Pourtant, Roland Pré en personne, le haut Commissaire de la France au Cameroun, admit en 1955 que le nationalisme camerounais s'exprimait dans la revendication de l'indépendance. Aujourd'hui, la revendication démocratique, l'exigence de développement et l'émancipation économique et culturelle n'est-elle pas un lieu commun qui exprime notre attachement collectif à la nation camerounaise. Peut-on vraiment dissocier une seule entité humaine camerounaise de l'histoire moderne du Cameroun ? Le nationalisme camerounais est encore réel. Il s'est exprimé en 1990-1991 et les mesures militaires et politiciennes prises pour l'étouffer  l'ont tout simplement confirmé. Cette conquête est encore actuelle et historiquement inscrite dans le programme de l'Union des Populations du Cameroun. Elle est condition de la libération de nos populations de la famine, de l'ignorance et de la peur. Comme Roland pré le disait s'agissant de l'indépendance, nous pouvons dire aujourd'hui que toute restriction verbale dans le domaine de la démocratie et de la lutte contre la pauvreté peut être considéré comme une tiédeur blâmable, voire une trahison à l'égard de la condition du camerounais et du noir africain en général. En admettant cela, nous admettrons contre l'opinion de MONGO BETI que l'UPC, qui du reste n'a pas encore exercé le pouvoir, n'a pas non plus accompli sa mission. C'est donc en déclarant que l'UPC est morte que MONGO BETI commet une erreur et non pas lorsqu'il affirmait dans main basse  sur le Cameroun que ce parti était immortel. Ce parti tire son immortalité de l'immortalité de la cause camerounaise qu'il défend. L'exil, l'éloignement, la suppression physique de ses dirigeants n'ont pas pu venir à bout de l'U.P.C. L'on ne peut pas croire que ce sont les divisions égoïstes et les luttes intestines nées des ambitions personnelles qui viendront à bout de la cause nationale camerounaise. " La chose  essentielle, disait Ruben Um Nyobè aux dirigeants en partance pour l'exil, est que ces dirigeants partent avec la conviction que la cause camerounaise triomphera "26.  Nous devons garder cette conviction et rechercher une claire compréhension de la volonté du peuple pour en rester de dignes et fidèles représentants. l'Union des Populations du Cameroun demeure donc à l'avant garde du nationalisme camerounais, un nationalisme conséquent et non exclusif, que l'UNC, le RDPC et actuellement le SDF, malgré des tentatives de récupération des actions de ce parti et un abondant recrutement dans ses rangs n'ont pas exprimer ; précisément en raison du rejet de l'historicité du programme fondamental de l'UPC. La situation actuelle du Parti est en quelque sorte compréhensible et nous en avons tenté une explication. Ce qui l'est moins, est sans doute l'acharnement de ceux qui ont connu ce mouvement dans le passé à en décréter la mort en décourageant les nouvelles adhésions par la création de nouveaux micro partis qui, depuis plus de huit ans, n'expriment pas un début d'options nouvelles et contraire à l'UPC.

 

Tous les partis politiques actuels puisent dans les règles de fonctionnement et les actions que les  pères fondateurs ont inscrits dans les missions du Parti. Mais en essayant de rejeter le patriotisme fondamental qui le soutien, de nier l'historicité de ce programme, ils sont comme la baleine de MONGO BETI, " échouée sur la plage, incapable faute d'eau de se mouvoir pour se dérober et moins encore, de manœuvrer pour attaquer "27. Inéluctablement chacun revient puiser dans les orientations de l'UPC qu'on n'aura jamais de cesse de présenter, car nous trouvons encore assez de clarté dans l'Union des Populations du Cameroun.

 

LES ORIENTATIONS POLITIQUES DU PARTI

 

Comme nous l'avons déjà dit, la mission de l'union des populations du Cameroun est inscrite dans l'article premier de ses statuts : " organiser et unir les habitants du pays en vue de l'évolution plus rapide des populations et l'élévation de leur standard de vie ". Cette mission unificatrice est aussi l'argument de base de reconstruction du parti et de l'Etat par l'unité.

 

L'unité de l'UPC

 

L'unité est un sujet récurrent dans notre pays. Elle vaut de manière globale et de manière particulière à tous les niveaux de la vie nationale. Ce serait plutôt un euphémisme de dire que l'union des populations du Cameroun doit asseoir son unité. Les divergences ont été observées sur cette question qui nous semble d'importance relative avec des acteurs de bonne foi et imprégnés des missions du parti. Il est entendu, comme nous l'avons déjà souligné, que l'organisation, le respect des statuts et de la discipline du parti ont inéluctablement une plus grande importance. C'est dans les actions ci-dessus que se cultive l'unité objective de l'UPC, celle qui concourt à la réalisation des objectifs et du programme du parti. A notre avis, la quête de l'unité du parti ne doit en aucun cas y permettre le recrutement des traîtres et des valets avérés des systèmes néo-coloniaux qui frustrent les vraies intérêts des populations camerounaises. En son temps, le Secrétaire Général Ruben UM NYOBE avait répondu à la question de l'unité en mettant en garde contre le "fourre-tout" au nom de l'unité. " Une (...) interprétation erronée ou abusive des statuts, disait-il, conduirait certains camarades à croire que notre campagne pour la réconciliation générale au sein du camp nationaliste aurait pour but de blanchir les traîtres et les valets. L'on croit parfois à tort que la politique d'union pratiquée par notre mouvement devrait ou pourrait aboutir à l'abandon de nos principes pour aller dans les compromissions "28.  L'unité doit se faire sur la base du respect de la discipline statutaire : respect des conditions d'admission et de la discipline commune à tous. Car, " il n'y a pas de militant supérieur dans les rangs de l'UPC " dixit UM NYOBE. Elle doit également se faire, précise le héros national camerounais, " sur une base clairement anti colonialiste et un programme (...) si minimum soit-il ". C'est dire que les actions de reconstitution du parti par le sommet sont beaucoup plus la confortation d'ambitions personnelles qu'une recherche de l'unité. Il s'agit d'une fausse unité par laquelle les valets des systèmes néo coloniaux tentent de s'accaparer de l'instrument politique historique du Cameroun. La vraie unité se fera à la base, dans le respect des statuts et de la discipline du parti et sur la base d'une adhésion sans réserve à la lutte nationaliste et patriotique contre la pauvreté et l'oppression.

 

L'UNITE NATIONALE

 

Si la réconciliation et l'unité interne des patriotes sont une nécessité de l'efficacité d'action, l'unité nationale est un objectif poursuivi par le programme de l'Union des Populations du Cameroun. Elle s'entend comme la lutte résolue contre le tribalisme et le clanisme, " contre tout ce qui peut animer les haines et les divisions de clans ". Il faut sans doute reconnaître " la valeur historique des ethnies de notre peuple. C'est la source même d'où jaillira la modernisation de la culture nationale. Mais nous n'avons pas le droit de nous servir des ethnies comme moyen de luttes politiques ou de conflit de personnes "29. l'UPC a donc toujours été un mouvement de rassemblement de tous les camerounais "sans considération de tribu, de position sociale, de croyance, d'idéologie". L'énonciation de ces principes de lutte contre la division, porte de manière expresse la lutte contre les causes des divisions. Ces causes sont encore aujourd'hui, les injustices sociales de toutes sortes, entretenues par les " distributions de prébendes, de rentes, les détournements de fonds publics et la corruption, l'économie de l'endettement "30 érigés en mode de gouvernement, dans une Afrique qui ploie sous le "joug des ajustements structurels"...

 

LE DEVELOPPEMENT DURABLE

 

La revendication d'élévation du standard de vie des populations et leur évolution plus rapide est la quête de ce développement durable qui nécessite le " développement de l'enseignement élémentaire, secondaire et supérieur " tel qu'élaboré par les pères de la nation camerounaise. Ces nécessités d'évolution humaine et d'élévation du niveau de vie passaient en 1954 par un certain nombre d'exigences factuelles au rang desquelles Ruben UM NYOBE classait la suppression du travail forcé dans tous les territoires dits d'outre mer, l'abrogation de l'indigénat et bien sûr, l'unification et l'indépendance du Cameroun.

 

Aujourd'hui, l'on trouve une démarche analogue par des expressions claires de l'option du Secrétaire Général Augustin F. KODOCK, en faveur de la gratuité de l'école primaire, la sauvegarde du patrimoine économique national, et la construction d'un Etat fort, démocratique et garant de la sécurité personnelle et collective. Il s'agit d'options fortes au sujet desquels l'on tente de supprimer le débat, car elles font peur à ceux qui défendent les intérêts des puissances occidentales par exclusion des intérêts nationaux. On y voit en effet, la fin des hégémonies des anciennes puissances colonisatrices sur les grandes richesses naturelles du Cameroun. Les gouvernants actuels quant à eux, y voient tout simplement la fin de leurs " tutelles " et soutiens en l'absence d'une garantie sur les richesses nationales.

 

Mais il faut ici révéler que la sécurité de la planète a besoin d'Etats acquis à la bonne gouvernance qui seule garantit la survie de l'humanité. Les expériences de contrôles économiques sont-elles vraiment positives s'agissant de la participation de l'Afrique à la construction d'un monde meilleur ? C'est dire qu'autant que les craintes des puissances occidentales sont de bonne foi et ne cachent aucune volonté de domination de leurs peuples sur les peuples africains, il y a encore lieu, comme à l'époque de Ruben UM NYOBE, d'expliquer la nécessité salutaire pour le Cameroun et pour l'Afrique d'une coopération harmonieuse (et non plus dolosive) avec toutes les nations, en particulier, avec les nations développées. S'agissant de l'UPC, cette coopération a été exposée dans un document du Secrétariat Général de ce parti et publié en juin 1997. Dans cet opuscule, le Secrétaire Général Augustin Frédéric KODOCK, en s'appuyant sur les résolutions du Congrès de l'UPC tenu du 6 au 8 septembre 1996, affirme que la coopération internationale de l'UPC  " est axée sur la prise en compte des intérêts bien compris du peuple camerounais et des peuples partenaires ". Qu'elle s'inscrit en droite ligne " des exigences de mondialisation certes mais aussi de préservation des acquis historiques et culturelles des populations camerounaises "31. Le programme de coopération du parti s'appuie donc sur la triple exigence de préservation et de confortation des acquis historiques et culturels du Cameroun, de prise en compte du phénomène de mondialisation de l'économie qui interpelle tous les peuples, et le respect des systèmes de valeurs de propre à chaque partenaire. " Dans cette perspective, l'UPC prône une diplomatie d'amitié et de coopération avec toutes les nations du monde dans le but d'un développement de l'économie mondiale et d'une élévation du niveau de vie des populations camerounaises ". Cela passe par la garantie " d'une stabilité sociopolitique propice à l'investissement " et d'une meilleure maîtrise de la gestion des ressources naturelles " par lesquels l'UPC réussira la libération définitive des populations des fléaux de la faim, de la pauvreté, de l'ignorance, de la maladie et de la peur "32. Il s'agit en fin de compte de rechercher les voies et moyens d'instaurer une société à visage humain, fondée sur les principes de justice et de respect mutuel et de " réduire la pauvreté par la mise en place des programmes conjoints susceptibles de bénéficier de l'expertise des différents partenaires en vue d'un développement durable ".33

 

Aujourd'hui comme hier, il faut réclamer la bonne foi de l'Afrique lorsqu'elle revendique une vraie indépendance qui lui ferait bénéficier en premier chef des richesses naturelles que recèlent son sol et son sous-sol. Une telle revendication est juste et concourt à la sécurité universelle. Les politiques prébendales soutenues très souvent par les anciennes puissances coloniales maintiennent une trop grande franche de la population mondiale dans une dangereuse misère. Si une telle politique satisfait encore les "angoisses de puissance" des européens, elle constitue dans le tiers monde et en Afrique en particulier,  une véritable bombe démographique qui fera exploser tous les systèmes de protection des acquis de l'industrialisation et aussi, des droits de l'homme dans toutes les civilisations.

 

L'accroissement continu du désespoir de la jeunesse africaine, bardée de diplômes mais sans perspective d'emploi est un scandale qui n'émeut malheureusement que trop peu les grandes puissances qui contrôlent l'économie mondiale. Cette jeunesse est exclue dans ce contexte de la moindre contribution dans l'avenir du monde. Elle est en cela cette bombe que dénonce le Secrétaire Général de l'U.P.C. Il devient dès lors indispensable de susciter et entretenir le débat et envisager tous les blocages, et toutes les perspectives d'une véritable contribution de toutes les sociétés à la civilisation universelle. Un tel débat n'autorise à personne, surtout pas aux intellectuels, à privilégier quelques égoïsmes personnels, régionaux ou claniques dans leur regard sur l'évolution sociale et politique du Cameroun. Il n'y a aucune peur, aucun intérêt de quelque autorité traditionnelle, élite, groupement d'autochtone, qui puisse justifier le rejet d'un programme salvateur pour la nation camerounaise et les sociétés africaines toutes entières. Chacun est appelé à une meilleure connaissance, une meilleure compréhension des événements et des enjeux, pour accéder à la tolérance et à la construction d'un monde plus humain, plus juste et plus pacifique. Aucun encouragement d'argent, aucune menace, ne doivent détourner de ce noble idéal.

 

C'est sans doute aussi le lieu d'interpeller les peuples des sociétés développés sur l'urgence d'une prise de conscience de la nécessité d'assurer un progrès harmonieux de toute la planète. Car nul ne perd de vue que les volontés généreuses des peuples industrialisés, sont souvent détournés par des hommes politiques plus soucieux de conserver leur pouvoir ou d'y accéder, qu'à tenir compte du progrès durable qui préoccupent réellement leur nation. L'Union des Populations du Cameroun est " pénétré du sens de la solidarité internationale " depuis sa création. Elle se fait le devoir d'interpeller toutes les nations à cette exigence actuelle de la paix et de la sécurité mondiale.

 

Au plan intérieur, des propositions concrètes et actuelles suggérées par le Secrétariat Général sous la houlette d'Augustin Frédéric KODOCK depuis 1992, ont été adoptées par l'Union des Populations du Cameroun. Il s'agit du relèvement économique et de la restauration de la confiance.

 

LA RESTAURATION DE LA CONFIANCE NATIONALE

La démocratisation prise comme " l'ensemble des actions par lesquelles des populations se constituent en une communauté historique en forme de liberté, en peuple indivis de lui-même et distinct des autres, souverain "34, n'a pu se manifestée jusqu'à présent au Cameroun que dans les discours et projets que R. UM NYOBE n'a malheureusement pas pu imprimer dans la gestion de l'action gouvernementale, faute d'avoir géré le pouvoir. Cette conception de la démocratie du Pr. EBOUSSI BOULAGA n'a pas été tolérée par les gouvernants du Cameroun indépendant. Ces derniers , malgré un discours récurrent sur l'unité nationale, ont développé des pratiques exclusives aussi bien dans la gestion des richesses nationales que dans l'organisation même de l'Etat. Les différents pouvoirs législatif et judiciaire ont davantage été des " caisses de résonances " d'un exécutif mal assuré, ignorant les volontés d'émancipation de toutes les populations nationales. L'on a d'abord cru pouvoir asseoir le développement sur le charisme individuel en prônant " le développement auto centré " qui n'avait de signification qu'en termes d'enrichissement d'une élite prétendument représentative des différentes ethnies du pays. Cette politique n'a toujours pas changé avec l'avènement au pouvoir du Président BIYA. Au lieu d'examiner et de débattre en profondeur sur les attentes des populations, l'on a assis le pouvoir sur la distribution des prébendes, le partage des privilèges, générant ainsi la délation, et la corruption qui gangrènent actuellement tout le pays. L'on a ainsi jeté le pays " en proie aux structures mafieuses mis en place par des prébendiers qui contrôlent des pans entiers de l'Etat, organisent la gestion de leurs intérêts de famille et alliées "35. Dans ces conditions, et en l'absence d'une opinion publique formée à la réaction organisée, la confiance a disparu au sein du peuple pour laisser place au développement des soupçons inter claniques ou inter régionales porteuses de graves périls pour la cohésion nationale. Aussi, l'Union des Populations du Cameroun entend-elle engager le peuple camerounais à tous efforts tendant à la restauration de la confiance au sein de la nation. Pour réveiller la foi en l'avenir, il y a lieu d'insister sur le rôle de l'institution judiciaire dont l'indépendance et l'objectivité doivent être préservée. D'où l'appel réitéré des résolutions du parti pour un relèvement du traitement des magistrats et d'une grande considération de leur institution par les organes exécutifs. Le réveil de la foi du peuple en son avenir dépend du comportement actuel de l'institution judiciaire qui en fin de compte, est particulièrement appelée à combatte la gangrène injectée dans les structures de l'Etat par les prébendiers.

 

L' on mentionne aussi volontiers parmi les actions qui mèneront à la reprise de la confiance, la revalorisation des ressources humaines disponibles et le relèvement des valeurs morales de référence au sujet desquelles des résolutions entières ont été prises au Congrès du parti des 16-18 septembre 1996 à Makak. Tentant de traduire ces orientations dans les faits, l'UPC a inscrit dans sa profession de foi pour les élections législatives du 17 Mai 1997, " l'accession du Cameroun à un niveau de maturité considérable à travers la consolidation du processus démocratique ", action qui induit " une participation effective et quotidienne de chaque citoyen à la vie institutionnelle et économique ". Il s'agit là des missions fondamentales de toujours que nous découvrons avec espoir dans le militantisme à l'UPC. Le devoir de ce parti est, comme l'indique le Secrétaire Général Augustin Frédéric KODOCK, " de sauver le pays qu'il a contribué à libérer du joug colonial, de restaurer l'unité de l'Etat, préserver les ressources essentiels du pays pour garantir l'avenir de nos enfants "36. Ces actions constituent en l'état le préalable et le meilleur soutien d'une relance économique fondée elle-même sur la libre entreprise et l'organisation du secteur agricole.

 

LA RELANCE DE L'ECONOMIE NATIONALE

 

Aucune économie libérale ne peut se construire en dehors d'une réelle confiance dans le système au sein duquel elle s'active. C'est pourquoi la mise en confiance des populations est une exigence fondamentale des politiques. La relance économique devra s'appuyer sur la prise de conscience de la nécessaire participation de chacun à la grande entreprise de production  agricole, artisanale et industrielle de la nation. Pour Augustin Frédéric KODOCK, cette prise de conscience est réelle, mais doit être renforcée et maintenue pour déboucher sur une auto suffisance définitive et une exportation des surplus dégagés par les différentes filières de production. C'est un engagement au travail résultant d'une exploitation et d'une organisation plus rationnelle des ressources humaines disponibles qui destine notre pays à un relèvement économique substantiel. Le secteur agricole doit être privilégié pour contribuer tout aussi substantiellement à combattre la faim dans le monde. Mais la réalisation de ces ambitions s'accorde mal avec les lourdeurs indues d'une gestion approximative des crédits affectés aux projets de développement, ni avec des " orientations mafieuses des décisions " dans les domaines économiques. La rationalisation de la gestion est une responsabilité gouvernementale qui doit impulser la cohérence dans l'ensemble du système économique. En l'absence de cohérence et de rationalité " nous allons gaspiller les énergies et les ressources sans atteindre un résultat concret palpable ".

 

De même, " l'application de la politique de privatisation que nous avons accepté, doit être géré en toute responsabilité ". Le Secrétaire Général de l'UPC craint de voir ainsi se perdre  " les acquis réels de notre patrimoine national ". Cette crainte n'emporte en aucun cas une volonté de fermeture par rapport aux investissements extérieurs. Bien au contraire, leurs apports en capitaux souhaités doivent être sécurisés par  le respect des règles minimales de bonne gouvernance qui seules garantissent la valorisation de l'investissement. En outre, l'ouverture aux capitaux extérieurs devra préserver les autres acquis économiques de la nation qui se trouvent dans l'entrepreneurship public. Les investissements extérieurs, ne doivent pas entraînés un plus grand appauvrissement de la majorité des populations. C'est pourquoi, sur proposition d'Augustin Frédéric KODOCK, l'UPC opte volontiers pour la révision de nos rapports avec les bailleurs de fonds dans la mesure où " une meilleure connaissance de l'environnement à l'intérieur de notre pays devrait commander les choix et orienter les négociations avec ces derniers ".

 

" UPC : les raisons d'espérer " 2001 J.M. NOUGA

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