U . P . C

Union des Populations du Cameroun

L'AME  IMMORTELLE  DU PEUPLE  CAMEROUNAIS

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DU COMITE REVOLUTIONNAIRE AU MANIDEM

L'infiltration et le Danger Marxo-Stalinien  



NGOUO WOUNGLY MASSAGA 

OU LE COMMANDANT KISSAMBA  


Georges Anicet EKANE


 

MICHEL NDOOH


 

Le Manidem ou MANIFESTE POUR LA DEMOCRATIE AU CAMEROUN reste dans l'imaginaire de la jeunesse camerounaise, une organisation révolutionnaire et mystérieuse. On lui crédite tout le potentiel du " Comité Révolutionnaire ", une de ces organisations que, dit-on souvent, les continuateurs de la lutte upéciste créaient en vue d'organiser l'action anti colonialiste et, en l'absence d'une restructuration de l'UPC préparer la renaissance de ce parti interdit au Cameroun. L'idée du Comité Révolutionnaire aurait germée à la conférence des cadres d'Accra (GHANA) en 1961. Mais il ne voit le jour qu'un an plus tard sous la Présidence du camarade Ernest OUANDIE. Ce comité dont l'idée était semble-t-il de NGOUO WOUNGLY MASSAGA, avait pour mission la relance de la lutte armée en vue d'une véritable indépendance du Cameroun, de l'éviction d'AHMADOU AHIDJO du pouvoir et la continuation des options de décolonisation (y compris des mentalités), de construction d'une nation unie, démocratique et prospère. La création du MANIDEM intervient seulement après le démantèlement de ce comité avec l'exécution publique de son président Ernest OUANDIE à Bafoussam le 15 Janvier 1971 à l'issus d'un simulacre de procès dénoncé avec une étonnante timidité.

 

De l'avis unanime des observateurs, le MANIDEM naît en Août 1974 à l'initiative du même WOUNGLY MASSAGA. C'est une organisation à connotation  marxiste qui entretient la " rébellion " et la " la lutte des patriotes " au Cameroun. La plus part des Upécistes marxistes s'y sont retrouvés et croient seuls entretenir la flamme du patriotisme. Les activités connues de ce rassemblement sont pour l'essentiel la production et la distribution des tracts anti gouvernementaux dans le pays et du journal " KAMERUN NOUVEAU ". Mais l'origine de ses dirigeants et surtout les soupçons qui pèsent sur certains d'entre eux dans le démantèlement du comité révolutionnaire et l'arrestation de NDEH NTUMAZAH et d'Abel KINGUE par un coup de filet de la police Ghanéenne n'a jamais rassuré les militants Upécistes. Par ailleurs, il est notable que les actions du Manidem ont surtout occasionné des arrestations et des assassinats de plusieurs patriotes, sans apporter une quelconque solution dans les graves problèmes d'organisation politique et communicationnelle que connaît l'UPC dans la clandestinité. L'une des actions les plus mémorables du MANIDEM est sans doute " l'affaire des tracts " patiemment montée de 1974 à 1976, et qui donne lieu à de vastes arrestations de patriotes à Douala et d'étudiants à Yaoundé.

 

Le MANIDEM se fait aussi remarquer par son stalinisme brutal et souvent écœurant qui a en soi, et plus que la répression du pouvoir de Yaoundé, découragé le militantisme anti gouvernemental. Loin de susciter l'action positive, il s'est agit pour les dirigeants du MANIDEM de garder la haute main sur l'U.P.C et son Histoire, par exclusion de toute organisation de ce parti après la mort de ses principaux leaders. Plus d'un militant upéciste s'est demandé si l'action de MANIDEM visait le relèvement ou l'enterrement du Parti. MONGO BETI dit à cet égard que " les colonies de jeunes camerounaise vibrant de patriotisme ont été écœurées par les méthodes odieuses du tyran soviétique utilisées par les dirigeants du MANIDEM. Ce faisant, Le Manidem a trahi les principes éthiques posés par les pères fondateurs à savoir, qu'un pouvoir sain doit s'appuyer sur une pratique au dessus de tout soupçon "12. De l'avis de plusieurs jeunes patriotes des années 70, " dès qu'un camerounais, fut-il d'ailleurs membre du Manidem, paraissait à tort ou à raison porter ombrage à WOUNGLY MASSAGA (qualifié de grand Manitou par MONGO BETI), l'on déclenchait contre lui l'artillerie lourde des campagnes de  calomnies ".

 

A contrario, et pour montrer les grossières limites des méthodes staliniennes, toutes personnes capables de résister contre ces campagnes, même par la manipulation des médias,  et d'y échapper pouvaient être créditer d'un patriotisme et d'un engagement digne de confiance. Les adversaires de l'Union des Populations du Cameroun et les régimes de Yaoundé et de Paris, équipés qu'ils étaient, ont pu assez facilement infiltrer leurs agents chargés de démanteler les réseaux les plus secrets de l'U.P.C.  Aujourd'hui, au regard de l'évolution de la situation et des affinités observées,  la question du rôle du Manidem et de la plupart de ses responsables se pose à nouveau. Ce qui rend encore plus intéressant la connaissance de ses leaders dont certains eurent apparemment des accointances avérées avec le 2e bureau Français.

 

NGOUO WOUNGLY MASSAGA

OU LE COMMANDANT KISSAMBA

 

NGOUO WOUNGLY MASSAGA reste, à l'instar du MANIDEM, un personnage for ambiguë. Il apparaît comme militant de l'Union des Populations du Cameroun vers la fin de l'année de l'indépendance (1960), alors qu'il est étudiant en France. Il se fait remarquer parmi les activistes africains les plus marxistes et à peine tolérés par les autorités françaises. C'est par conséquent sans grande surprise qu'il est expulsé de ce pays pour " activismes politiques " en 1963 avec quelques autres de ses camarades tels que Michel NDOH  et Henri HOGBE NLEND. WOUNGLY MASSAGA va ensuite se retrouver en Angola après quelques temps au Ghana. Mais dès 1961, WOUNGLY MASSAGA dévoile ses ambitions de contrôler le mouvement nationaliste lorsqu'il impulse l'idée de créer un " comité révolutionnaire " comme un organe de continuation du combat alors que l'UPC existe toujours avec certes un grand besoin d'organisation. Il deviendra le Secrétaire Général du Comité révolutionnaire. De ce poste, il apparaît être le leader de l'UPC, comme le fut UM NYOBE au poste de Secrétaire Général du Parti. Il est donc un haut responsable de l'action armée que met en œuvre le " Comité Révolutionnaire " et ne tardera pas de faire parler de lui comme d'un " maquisard " avéré et extrêmement dangereux face aux forces armées néo coloniales. C'est de cette époque qu'il s'adjuge le pseudonyme de " Commandant KISSAMBA " qui fait la terreur de l'armée. On dit qu'encerclé à Djoum par l'armée, il réussi à s'en sortir grâce à une parfaite maîtrise de l'action militaire et une imagination combative largement au dessus de la moyenne. Avant ces exploits, Le commandant KISSAMBA, aurait été recruté au Secrétariat administratif de l'UPC par Abel KINGUE et aurait fait de véritables formations militaires en Chine, en URSS et en Algérie. Il a été chargé de liaison avec l'intérieur, après avoir été initié par Ernest OUANDIE en personne et ci-devant Président du Comité Révolutionnaire.

 

De graves soupçons pèsent sur WOUNGLY MASSAGA dans l'arrestation des camarades KINGUE et NDEH NTUMAZAH à Accra en 1962.  WOUNGLY s'échappe mystérieusement du coup de filet de la police ghanéenne alors que ses camarades sont arrêtés et emprisonnés pour détention illégale d'armes à feu. Présenté comme très proche du Président NKRUMAH, il aurait été, par son refus d'informer ses camarades des instructions des autorités ghanéennes relatives à la remises des armes détenues par tous les freedom fighter (ou combattants de la liberté) aux forces de l'ordre.  Les adversaires du Commandant KISSAMBA disent qu'il s'agissait d'une opération préméditée et commanditée par une main néo coloniale et que la seule manière pour ce dernier de se prémunir des demandes de comptes et d'éventuelles répressions vengeresses, était de garder la haute main sur le parti. Il est alors considéré par plusieurs upécistes comme un agent envoyé par la France pour infiltrer et noyauter l'Union des Populations du Cameroun. Fut-il jamais exclu du parti ? Cette hypothèse est fort peu probable, le Parti n'ayant pratiquement plus existé depuis l'avènement du Comité révolutionnaire aux missions for ambiguës. Le retour de OUANDIE dans le maquis intérieur n'a pas véritablement relancer les activités de l'UPC par une organisation qui permette d'affirmer son existence. Toujours est-il que l'on retrouve plus tard WOUNGLY MASSAGA au Congo où il tente de monter le " deuxième front " de rébellion avec OSSENDE AFANA et le soutien de Michel NDOH. HOGBE NLEND est de la partie, lui, le jeune lieutenant d'OSSENDE AFANA. Mais ce front ne dure pas bien longtemps, car le régime du sanguinaire d'AHIDJO le met rapidement hors d'état  de nuire et réussit même l'arrestation et l'assassinat du grand patriote OSSENDE AFANA Castor, qualifié de " dernier dangereux terroriste " par AHMADOU AHIDJO qui exigera qu'on lui présente la tête décapité de ce compatriote, 1er Economiste Africain, pourtant lâchement exécuté comme un vulgaire malfaiteur par celui dont personne n'osera jamais revendiquer un héritage particulièrement brillant  au Cameroun. Cet acte d'une barbarie inqualifiable fut commis à NGUILILI, petite localité située à 17 km de MOLOUNDOU, devant des paysans en pleure face à la disparition de celui qui s'était présenté à eux comme le seul homme qui pu tenir compte de leur propre humanité. En effet, les habitants de cette partie du territoire étaient abandonnés dans la misère la plus abjecte, à une "colonisation" d'un type particulier. Des commerçants musulmans originaires du Nord y imposaient aux populations locales une organisation sociale nouvelle de type féodale où les autochtones étaient considérés comme des sous hommes, ravalés au rangs de " pygmées ", c'est-à-dire, aux yeux de ces "nouveaux colons", des sous-hommes, des moins que rien. C'est situation n'a  pas véritablement changé aujourd'hui, malgré les efforts faits par l'élite locale scolarisée. L'enclavement y est inqualifiable, la misère aussi que n'atténue en rien les entreprises forestières qui y prospèrent.

 

Lorsque naît en 1974 le Manidem, Woungly Massaga est donc déjà au banc des patriotes et n'est plus suivi qu'autant qu'il peut être contrôlé ou qu'il n'appelle pas à des actions "dangereuses". Il est d'un marxisme léniniste fondamentaliste. Ses méthodes empruntent à Staline et leurs effets ont été très néfastes à la réorganisation du patriotisme upéciste. Il use donc de dictature dans le but de se garder de quelques ambitions d'anciens camarades. Il sait organiser la calomnie contre ceux qui lui font ombrage ( comme nous avons déjà dit) pour les discréditer avant même qu'ils aient pu atteindre le but poursuivi. En dehors de ces critiques, on reproche aussi au Commandant une gestion personnalisée des fonds du Parti et des détournements15.

 

Dès l'accession à la magistrature suprême du Président BIYA en 1982, WOUNGLY MASSAGA offre sa collaboration16 au pouvoir de Yaoundé et se propose d'organiser les états généraux de l'opposition à partir de l'Angola où il vit en semi clandestinité. En dehors de quelques interviews à Radio France Internationale (RFI) et des rares articles de journaux clandestins, on n'entend plus parler de WOUNGLY MASSAGA jusqu'à sa subite démission du Secrétariat Général du MANIDEM en 1990. De retour au Cameroun au cours de l'année de braise qu'est 1991, il claque la porte de l'UPC et dénonce sans conviction la " légalisation d'une fausse UPC ". Il étonne tout le monde en déclarant son soutien au Président BIYA et son opposition au RDPC dont BIYA est pourtant le Président National. Il crée " un parti politique nouveau, distinct de tous les groupes upécistes antérieurs, ouvert à tous les anciens upécistes de toutes les générations "...qui est " à la fois la continuation de l'UPC ". WOUNGLY  n'y voit pas de contradictions, ni une volonté de saborder l'UPC. C'est pourquoi il appelle son " parti " le P.S.P ( Parti de la Solidarité du Peuple) qu'il veut d'abord appelé " PSP-UPC ". Ni le Commandant KISSAMBA, ni son lieutenant de circonstance le brillant et non moins bouillant Médecin ELOUGA BENG Henri Wilson ne mesurent pas le danger de leur action pour la survie du Parti pour lequel ils revendiquent tant de souffrances et de sacrifices. Toujours est-il qu'ils sont les premiers à avoir appelé à la création de nouveaux partis et à l'abandon de l'Union des Populations du Cameroun. Il s'agit par là de la mise en place d'une stratégie désormais connu chez Woungly Massaga : Tuer l'UPC et les craintes que porte pour lui ce parti, en se ménageant cependant un cadre de récupération des acquis des patriotes. Le PSP dont on dit qu'il peut tenir un meeting dans une cabine téléphonique entreprend avec le soutien du gouvernement et de la CRTV une campagne d'explication de ses objectifs et de son action aux camerounais. Mais ceux-ci ne semblent y accorder que l'importance que méritent ces micro partis sans envergures qui foisonnent depuis l'annonce du multipartisme. Ce qui pousse le Commandant KISSAMBA à la recherche des appuis du pouvoir. Pour ce faire, il est tantôt dur dans les critiques anti gouvernementales " pour lever les enchères " dit-on, tantôt silencieux pour ne pas embarrasser ceux dont il sollicite le soutien et ne pas se compromettre aux yeux de l'opinion. En fin de compte, le Commandant KISSAMBA se trouve pris au piège de ses propres contradictions et est bientôt délaissé par ses amis du premier soir. Abandonné par le RDPC dont il ne soutenait que le Président, ce dernier s'éloigne aussi de lui, sans doute par respect pour sa base militante et parce que Woungly lui aurait semblé dangereusement intéressé. WOUNGLY aura " végété " à l'ombre du pouvoir pendant moins d'un mandat. Il renonce lui-même au gîte et au couvert for insuffisant qu'on l'y prodiguait et rejoint l'UPC en annonçant sans un Congrès à cette fin, la dissolution du PSP. Dans son entourage, on dit qu'il a été battu au jeu des rapprochements avec le pouvoir par KODOCK qui a pu conduire l'UPC à l'Assemblée Nationale et a conquis 04 portefeuilles ministériels au bénéfice d'une alliance signée à l'occasion de l'élection présidentielle d'octobre 1992. Le ralliement de WOUNGLY MASSAGA aux options d'Augustin F. KODOCK semble annoncer la fin de la guerre des chefs qui mine ce parti depuis sa re-légalisation. Nommé Directeur de Publication du Journal " LA VOIX DU CAMEROUN ", l'organe de propagande de l'UPC, on croit WOUNGLY capable de ramener tous les dissidents du Parti à l'intérieur, y compris les manidemistes dont il est le père spirituel et fondateur. Il n'en fut rien, et le ralliement n'apporte aucun soutien à KODOCK. Bien au contraire, WOUNGLY se retrouve bientôt à la tête des détracteurs gratuits du Secrétaire Général, au mépris de tous les bienfaits personnels que lui a concédés ce dernier. Le Commandant KISSAMBA va dès lors rejoindre le groupe NDEH NTUMAZAH qu'il sait opposé à KODOCK et qui entretient la partition et l'émiettement de l'électorat upéciste. Il se manifeste depuis lors par des tracts et autres pamphlets haineux contre KODOCK qu'il critique avec une virulence assez mal justifiée.

 

Aujourd'hui, le rôle de NGOUO WOUNGLY MASSAGA reste plus que flou. Ses choix sont à géométrie variable et il est qualifié par la presse locale d'homme politique non identifié (HOPNI). Il le restera sans doute encore longtemps. Cela semble désormais clair dans l'esprit de ceux des camerounais qui, jeunes et ignorants de tout ce qui concerne la lutte nationaliste, découvrent petit à petit qui est qui et qui peut quoi pour la construction de l'état et le bien être de toutes les populations camerounaises, sans exclusive. Ngouo Woungly Massaga a sans doute le mérite d'avoir survécu tant de "répression", mais a-t-il aussi permis la survie de tous ses camarades ? Qui est-il ? Qui sert-il ? Que veut-il et que peut-il ?  L'idéologie marxiste léniniste dont il se revendique bruyamment n'a pas concouru à l'assainissement, ni à la solidarité au sein du mouvement nationaliste, l'union des Populations du Cameroun. Bien au contraire, les options marxistes, et surtout staliniennes ont aggravé l'isolement du mouvement et des militants tant à l'étranger qu'à l'intérieur. Etait-ce simplement une erreur politique ou  comme disent certains de ses détracteurs, une mission de destruction dont il est mal payée aujourd'hui ? L'histoire, si mal usitée en Afrique, y apportera sans doute un jour son infaillible éclairage, et peut-être son jugement.

 

Georges Anicet EKANE

 

EKANE Anicet fait partie de ces jeunes intellectuels camerounais des années soixante dix vibrant de patriotisme et du désir de se sacrifier pour leur pays, et qui, n'ont pas d'autre recours que l'adhésion à l'Union des Populations du Cameroun. EKANE adhère semble - t - il au parti en France en 1971, au lendemain de l'odieux assassinat d'Ernest OUANDIE. Dès 1974, il se retrouve comme la plupart des upécistes marxistes de cette époque dans le courant du Manidem. Il devient co animateur du Journal " subversif " et clandestin KAMERUN NOUVEAU et instigateur de plusieurs " opérations " de propagande anti gouvernementale. Son nom est par exemple fortement lié à " l'affaire des tracts " qui en 1976 donne l'occasion au pouvoir d'AHMADOU AHIDJO de procéder à l'arrestation et à l'emprisonnement de plusieurs compatriotes dont beaucoup d'étudiants de l'Université de Yaoundé. Mais malgré cet activisme anti gouvernemental d'Ekanè, on le surprend trop souvent en compagnie de personnes réputées membre de la police politique (Dirdoc - Sedoc- Cener) d'AHIDJO. Le rapport entre un quelconque résultat favorable à l' UPC de ses initiatives et le démantèlement  des groupes upécistes nationaux encore en lutte est tellement défavorable à Ekanè qu'il est presque mis au banc des accusés de trahison par les patriotes. Il déclare se démarquer de Woungly Massaga  en 1982 en " raison de divergence de vue", dit-il. Mais cette année là, WOUNGLY est déjà considéré comme traître à la cause upéciste du fait des propositions de collaboration qu'il fait au gouvernement de Yaoundé. Certains considèrent cette attitude d'Anicet EKANE  comme un repli stratégique qui lui permet de rester en dehors des soupçons qui pèsent sur son camarade et  Secrétaire Général du Manidem. Toujours est-il que beaucoup s'étonnent de le voir rentrer au pays en 1989 sans être inquiété de manière notable. Son activisme s'atténue considérablement et on ne le voit pas manifester une quelconque volonté de relance des activités de l'UPC, à l'instar de Joseph SENDE, qui tenta une action judiciaire à cette fin. Au contraire, on retrouve EKANE dans un activisme d'un autre genre : on chuchote en effet qu'il émarge au Cener. Aussi, lorsqu'il se trouve mêlé en 1990 à l'affaire YONDO, du nom d'un Avocat de Douala, ancien Bâtonnier de l'ordre des Avocats du Cameroun, beaucoup pensent qu'il est en mission commandée. Cet Avocat réputé avait envisagé la création d'un parti politique avec un groupe de personnes trop hétéroclite pour garantir la sécurité des informations. Ils furent dénoncés, arrêtés et emprisonnés. Leur procès intervient sur pression du Conseil de l'ordre des Avocats dirigé par Me Bernard MUNA, plusieurs mois plus tard et révèle  que le groupe était noyauté par le CENER, la police politique. Mais qui de BANINI ou d'EKANE Anicet a vendu la mèche ? Sans donner une réponse formelle à cette interrogation, le procès lance plutôt notre homme au devant de l'actualité. Il s'en tire grandi comme étant de ceux par qui est venue la démocratie camerounaise. Usant de son ancien militantisme upéciste, EKANE devient un héros de la démocratie. C'est donc sans surprise qu'on le retrouve dans les réunions diverses et multiples qui aboutissent en février 1991 à la re-légalisation de l'Union des Populations du Cameroun. Toutefois, EKANE s'oppose à la légalisation du Parti au prétexte que l'UPC ayant été interdite avait existence  légale et il fallait exiger de l'administration, la levée d'interdiction. EKANE se mettra donc en marge des actions tendant à la reprise des activités du Parti pour reconstituer avec les intellectuels de retours d'exil, le Manidem à l'idéologie Marxiste Léniniste. Les mauvaises langues disent qu'il convoitait la Poste de Secrétaire Général, mais qu'ayant échoué, il organise des campagnes de dénigrement et de calomnies pour présenter les dirigeants choisis comme des collaborateurs à la solde du pouvoir. Il est remarquable de noter que ce " jeune loup " de la politique camerounaise ne croit plus au sigle UPC ni à l'unité de ce parti. " Il n'est pas question, dit-il, de mettre dans le même panier les alliés du régime néo-colonial et les continuateurs de la lutte révolutionnaire ". Alliés de régime néo-colonial renvoie à tous les patriotes de l'intérieur qui, refusant l'exil, sont rentrés ou restés au pays. C'est sans doute pourquoi, il rassemble si vite et si facilement les compatriotes rentrés d'exil. Il croit pouvoir créer le " MOUVEMENT AFRICAIN POUR LA NOUVELLE INDEPENDANCE (MANIDEM) en lieu et place de l'UPC MANIDEM (Manifeste Démocratique) qui, bien qu'ayant déposé un dossier de création de parti, n'a pas pu effectivement fonctionner, victimes de moults et illégales obstructions de l'administration.

 

EKANE Georges Anicet a toujours eu l'ambition de contrôler l'Union des Populations du Cameroun. Il n'y est pas arrivé et s'est accrocher à " son MANIDEM qui n'a pas pu décoller non plus. Ceci n'est pas étonnant au regard des objectifs poursuivi par l'homme : ..." rassembler les vrais upécistes " ! Ceux-ci semblent naturellement se sentir mieux à l'intérieur de l'UPC où ils se battent pour le redressement de ce parti. La plupart des intellectuels qu'EKANE a ébloui quelques temps du fait de l'affaire YONDO et de son opposition par trop radicale l'ont quitté pour rechercher les voies de l'unité de l'Union des Populations du Cameroun. EKANE continue de temps en temps, à travers des articles de presse dans des journaux bien ciblés, à se prévaloir d'un nationalisme révolutionnaire aux idées d'extrême gauche. Il se fait aussi remarquer dans les mouvements associatifs civils qui, pense t - il, auront un grand rôle à jouer dans le processus de changement politique au Cameroun. " Ils sont l'espoir de notre pays ". Mais ici, encore, il est regardé avec suspicion  et à distance de préférence. Ses anciens associés tels DJEUKAM TCHAMENI ayant souffert de fuite par trop bizarre. En effet, EKANE que l'on sait un redoutable et courageux agitateur des masses, est co fondateur de CAP-LIBERTE, une association politique régie par la loi sur les associations18 et inventeur des " cartons rouges et jaunes " qui, à l'époque des villes mortes, ont rythmé la circulation des hommes et des biens à Douala. L'observateur remarquera enfin que la presse a presque de manière générale, toujours caresser Georges Anicet EKANE dans le sens du poil. Fait-il vraiment un parcours dans faute ? L'histoire nous le dira.

 

MICHEL NDOOH

 

Le nom de Michel NDOOH apparaît sporadiquement dans les milieux upéciste des années 1990. Faisant de cet homme un autre personnage si peu connu de la jeune génération. Pourtant, NDOOH Michel fait partie des patriotes qui adhèrent à l'Union des Populations du Cameroun pratiquement dès sa création. En effet, c'est en 1950 qu'il prend sa carte de Parti, deux ans seulement après sa création, au Comité de base de TOULOUSE, avec d'autre compatriotes dont Augustin Frédéric KODOCK, OSSENDE AFANA Castor, ou encore Paul TESSA  et  Jacques Roger BOOH BOOH. Son militantisme et son engagement sont remarquables et lui valent d'être parmi les cadres envoyés au Ghana dans l'optique de la continuation de la lutte patriotique après la mort de Ruben UM NYOBE. L'UPC bénéficie en effet à cette époque du soutien de KWANE NKRUMA, le panafricaniste et leader du nationalisme Ghanéen. Lorsque le Comité Révolutionnaire, l'organe de continuation de l'action upéciste est crée en 1962, NDOOH Michel se trouve au Secrétariat chargé des questions administratives et juridiques. Il a en effet une solide formation de juristes acquise à la Faculté de Droit de TOULOUSE en France et Couronnée par un Doctorat. Plusieurs témoignages concordent pour dire que depuis la mort de Ruben UM NYOBE, Michel NDOOH vit entre le Ghana et la France d'où il sera expulsé et interdit de séjour en Juin 1963. Ses compagnons d'infortune sont Henri HOGBE NLEND et NGOUO WOUNGLY MASSAGA. NDOOH Michel aurait quitté la France déguisé en prêtre pour se rendre en Suisse où il va exercer en qualité d'Avocat. Il suit sans beaucoup d'engagement semble - t - il, les activités du MANIDEM devenu après la mort d'Ernest OUANDIE, le dernier relais de l'activisme upéciste. Cette proximité traduit davantage le marxisme léninisme de Michel NDOOH qu'un réel soutien de cette structure dont il ne maîtrise pas tous les tenants ni aboutissants. Mais il ne ressort nulle part que NDOOH Michel est aussi partisan des méthodes staliniennes qui ont été le socle du maintien pour une certaine hiérarchie à " l'UPC ". Les dirigeants du MANIDEM croient en effet détenir à partir de l'organisation né en 1974, un leadership incontestable de l'UPC. Mais Michel NDOOH semble croire à cette continuation  du combat et se propose de remplacer WOUNGLY MASSAGA à la tête du Manidem lorsque ce dernier démissionne en 1990. Il tente alors une véritable réorganisation du Parti à partir du noyau  du MANIDEM, mais son éloignement du pays et de la France où réside la plus grande partie des upécistes exilés, ajouté au découragement qu'a causé l'absence de toute forme d'organisation, ne lui permettent pas de relancer le mouvement nationaliste. L'absence d'une loi d'amnistie le contraint donc à rester loin du terrain d'opération et, s'il exprime aux acteurs du terrain son soutien, il ne sera malheureusement pas parmi les leaders qui "re légalisent" l'UPC. Il a accusé ce coup, car à son retour d'exil en 1991 après une loi d'amnistie, ses partisans pro manidem organisent un accueil en triomphe dès l'aéroport de Douala. Il se déclare " vrai héritier du parti, vrai responsable légitime de l'UPC et est soutenu par un défilé de plus de deux cent motos dans la rues de la ville. Il se révèle ainsi contre la Direction qui s'est formée et lui déclare en quelque sorte la guerre. Soutenu par les MAKIT également de retour d'exil, NDOOH Michel commet à nos yeux sa première erreur en privilégiant les antagonismes au lieu de tenter une capitalisation raisonnable des acquis locaux. Aucun élément ne lui permet de croire qu'il ne sera pas admis dans les instances de Direction, même pas le marxiste dont il se revendique. En rejoignant EKANE Anicet qui anime une véritable dissidence au sein de l'UPC, NDOOH Michel commet une autre erreur car il va s'enliser dans des combines qu'il ne maîtrise pas et s'en rendra bien vite compte. En effet, avec la plupart des intellectuels rentrés d'exil, NDOOH rejoint le groupe qui veut créer l'UPC MANIDEM. Il en devient le Secrétaire Général sans coup férir, auréolé qu'il  était de sa qualité de Secrétaire Général du MANIDEM (certains diront de l'UPC). est bientôt confronté aux obstructions de l'administration et son UPC MANIDEM ne peut s'exprimer qu'à travers des tracts pamphlétaires contre " l'UPC DIKA ". Le potentiel intello - révolutionnaire dont l'UPC MANIDEM se prévalait n'a pas fait mieux que de nuire à la dynamique unitaire impulsée à Nkongsamba au cours du 3ème Congrès de l'UNION DES POPULATIONS DU CAMEROUN. L'UPC MANIDEM a maintenu un radicalisme incompréhensible et sans alternative face aux efforts tendant à l'unité du parti. Ses exigences pour le départ de Kodock et de Dika, ne pouvait se réaliser que si les organes du parti étaient reconstitués et la discipline des statuts réaffirmées. Pourtant, NDOOH Michel et ses amis se sont illustrés par une bataille sans merci contre la réorganisation disciplinée de l'UPC, en prônant la création de ces micro " partis d'obédience upécistes " et de ces factions sans envergure, mais forcément porteuses de l'émiettement de ses suffrages. La création de ces micro partis a plutôt été une démission  pure et simple, un abandon du parti à ceux-là même que le MANIDEM rejetait. Un militantisme patient et l'organisation du parti nous semblent seuls capables de créer une dynamique d'alternance au sommet qui préserve l'organisation. En prônant l'isolement et la partition de l'UPC, le MANIDEM n'a fait qu'affaiblir le Parti et la réorganisation du patriotisme upéciste, sans générer ni un parti nouveau plus fort, ni une quelconque force sociale capable de suppléer la carence ainsi organisée. Les courants crées, n'étaient dès lors que l'expression d'ambitions personnelles de certains individus. En tant que tel, leur échec était ainsi inscrit dans leur naissance. L'UPC MANIDEM elle-même n'a pas pu restée une force homogène. Elle s'est vite éclatée au gré des ambitions personnelles en UPC MANIDEM et en MANIDEM entendez, manifeste pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie légalisée en 1993. Anicet EKANE est " leader " de ce dernier parti, alors que NDOOH Michel est resté avec L'UPC MANIDEM dont il s'est réclamé Secrétaire Général pendant quelques temps. Une fois de plus l'on peut se poser la question du rôle du MANIDEM dans la réorganisation de l'UPC. On note avec l'histoire que le Manidem a été autour de l'arrestation de beaucoup trop de patriotes, qu'il a aggravé les dissensions idéologiques à l'UPC des années 1970 et , par un radicalisme gratuit, favorisé en 1990, la partition et l'affaiblissement de l'Union des populations du Cameroun. On n'a pour ainsi dire pas observer d'autres adversaires du MANIDEM que l'Union des Populations du Cameroun.

 

NDOOH Michel prend-il conscience de ce rôle controversé du Mouvement dont il revendique le Secrétariat Général lorsqu'il accepte de discuter en 1996 des perspectives de l'UNITE DE L'UPC avec Augustin Frédéric KODOCK qui négocie alors secrètement de l'unité de son parti avec toutes les forces en présence. Mais ces discussions n'aboutissent qu'à une tentative de prendre une " part " de la direction du Parti sans permettre à la base d'opiner seulement sur la question. NDOOH demande concrètement la création du Poste de Secrétaire Général Adjoint qui lui sera confié. Sans refuser, KODOCK propose à Michel NDOOH de faire sa proposition au Congrès Programmé à MAKAK les 6, 7 et 8 Septembre 1996. Mais Michel NDOOH ne se sentant pas le courage de rejoindre cette UPC dont il a organisé le dénigrement dans la presse, ne prend pas part aux assises du congrès de Makak organisé sous la bannière de KODOCK. Il est par contre présent à celui de Yaoundé, organisé en violation des statuts et des lois de la République sous la bannière d'OMAH BETOW, ANDZE TSOUNGUI et NDEH NTUMAZAH. Quitte-t-il alors définitivement l'UPC MANIDEM ? Cela est probable car non seulement il se croit élu Secrétaire Général de l'UPC, mais il annonce la dissolution de l'UPC MANIDEM. Les puristes et les formalistes se sont étonner de la dissolution d'un parti politique sans un congrès à cette fin, ni une instance de ce genre annoncée. Mais NDOOH Michel continue à faire peur à ses nouveaux amis du groupe NTUMAZAH en raison, disent certains, de son marxisme qui le met en déphasage des réalités, et, disent d'autres, de son patriotisme inconditionnel et ardent qui ne sied pas à ceux qui manipulent manifestement les divisions de l'UPC (dont ANDZE TSOUNGUI, ancien Vice Premier Ministre chargé de l'administration Territoriale). Aussi sera t-il démis de ses fonctions moins d'un an après son élection dans les formes curieuses, à la suite d'une réunion de commémoration des martyrs du peuple Camerounais. Né en 1930, l'âge n'est pas son meilleur atout et plusieurs de ses camarades au patriotisme éculé lui font de l'obstruction quand ils ne jouent pas littéralement contre lui. Ceux qui voient en ce patriote un homme qui a tout fait pour l'UPC, continuent de croire en la prise de conscience de Michel NDOOH pour le voir s'engager dans la recherche de l'unité de l'Unions de Populations du Cameroun qui animent tous les vrais patriotes aujourd'hui. Une unité de la base qui intègre notamment la jeunesse de ce pays.

 

En dernier analyse, les activismes du Comité révolutionnaire au départ, puis du manidem par la suite, révèle le combat mené depuis la mort du leader Ruben Um-Nyobè par les patriotes libéraux de garder l'Union des Populations du Cameroun en dehors du giron marxiste, et de maintenir le parti dans sa philosophie originelle de défense des intérêts fondamentaux du peuple camerounais contre les avatars du colonialisme que développent et perpétuent les agents du néo colonialisme mondial en Afrique. Ce combat mal perçu en occident n'a pas encore permis de faire comprendre et soutenir le vrai combat de l'UPC. Les nouvelles divisions créées par les groupes nouveaux à la recherche des bénéfices du pouvoir ont encore compliqué les efforts de la direction du parti dans le sens de l'impulsion d'un pouvoir politique fort, libre et démocratique  au Cameroun

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