U . P . C Union des Populations du Cameroun L'AME IMMORTELLE DU PEUPLE CAMEROUNAIS |
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DU COMITE REVOLUTIONNAIRE AU MANIDEM L'infiltration
et le Danger Marxo-Stalinien
Le Manidem ou MANIFESTE POUR LA DEMOCRATIE AU CAMEROUN reste dans l'imaginaire de la jeunesse camerounaise, une organisation révolutionnaire et mystérieuse. On lui crédite tout le potentiel du " Comité Révolutionnaire ", une de ces organisations que, dit-on souvent, les continuateurs de la lutte upéciste créaient en vue d'organiser l'action anti colonialiste et, en l'absence d'une restructuration de l'UPC préparer la renaissance de ce parti interdit au Cameroun. L'idée du Comité Révolutionnaire aurait germée à la conférence des cadres d'Accra (GHANA) en 1961. Mais il ne voit le jour qu'un an plus tard sous la Présidence du camarade Ernest OUANDIE. Ce comité dont l'idée était semble-t-il de NGOUO WOUNGLY MASSAGA, avait pour mission la relance de la lutte armée en vue d'une véritable indépendance du Cameroun, de l'éviction d'AHMADOU AHIDJO du pouvoir et la continuation des options de décolonisation (y compris des mentalités), de construction d'une nation unie, démocratique et prospère. La création du MANIDEM intervient seulement après le démantèlement de ce comité avec l'exécution publique de son président Ernest OUANDIE à Bafoussam le 15 Janvier 1971 à l'issus d'un simulacre de procès dénoncé avec une étonnante timidité. De
l'avis unanime des observateurs, le MANIDEM naît en Août 1974 à
l'initiative du même WOUNGLY MASSAGA. C'est une organisation à
connotation
marxiste qui entretient la " rébellion " et la " la
lutte des patriotes " au Cameroun. La plus part des Upécistes
marxistes s'y sont retrouvés et croient seuls entretenir la flamme du
patriotisme. Les activités connues de ce rassemblement sont pour
l'essentiel la production et la distribution des tracts anti
gouvernementaux dans le pays et du journal " KAMERUN NOUVEAU ".
Mais l'origine de ses dirigeants et surtout les soupçons qui pèsent sur
certains d'entre eux dans le démantèlement du comité révolutionnaire
et l'arrestation de NDEH NTUMAZAH et d'Abel KINGUE par un coup de filet de
la police Ghanéenne n'a jamais rassuré les militants Upécistes. Par
ailleurs, il est notable que les actions du Manidem ont surtout occasionné
des arrestations et des assassinats de plusieurs patriotes, sans apporter
une quelconque solution dans les graves problèmes d'organisation
politique et communicationnelle que connaît l'UPC dans la clandestinité.
L'une des actions les plus mémorables du MANIDEM est sans doute "
l'affaire des tracts " patiemment montée de 1974 à 1976, et qui
donne lieu à de vastes arrestations de patriotes à Douala et d'étudiants
à Yaoundé. Le
MANIDEM se fait aussi remarquer par son stalinisme brutal et souvent écœurant
qui a en soi, et plus que la répression du pouvoir de Yaoundé, découragé
le militantisme anti gouvernemental. Loin de susciter l'action positive,
il s'est agit pour les dirigeants du MANIDEM de garder la haute main sur
l'U.P.C et son Histoire, par exclusion de toute organisation de ce parti
après la mort de ses principaux leaders. Plus d'un militant upéciste
s'est demandé si l'action de MANIDEM visait le relèvement ou
l'enterrement du Parti. MONGO BETI dit à cet égard que " les
colonies de jeunes camerounaise vibrant de patriotisme ont été écœurées
par les méthodes odieuses du tyran soviétique utilisées par les
dirigeants du MANIDEM. Ce faisant, Le Manidem a trahi les principes éthiques
posés par les pères fondateurs à savoir, qu'un pouvoir sain doit
s'appuyer sur une pratique au dessus de tout soupçon "12. De l'avis
de plusieurs jeunes patriotes des années 70, " dès qu'un
camerounais, fut-il d'ailleurs membre du Manidem, paraissait à tort ou à
raison porter ombrage à WOUNGLY MASSAGA (qualifié de grand Manitou par
MONGO BETI), l'on déclenchait contre lui l'artillerie lourde des
campagnes de
calomnies ". A
contrario, et pour montrer les grossières limites des méthodes
staliniennes, toutes personnes capables de résister contre ces campagnes,
même par la manipulation des médias,
et d'y échapper pouvaient être créditer d'un patriotisme et d'un
engagement digne de confiance. Les adversaires de l'Union des Populations
du Cameroun et les régimes de Yaoundé et de Paris, équipés qu'ils étaient,
ont pu assez facilement infiltrer leurs agents chargés de démanteler les
réseaux les plus secrets de l'U.P.C.
Aujourd'hui, au regard de l'évolution de la situation et des
affinités observées,
la question du rôle du Manidem et de la plupart de ses
responsables se pose à nouveau. Ce qui rend encore plus intéressant la
connaissance de ses leaders dont certains eurent apparemment des
accointances avérées avec le 2e bureau Français. NGOUO
WOUNGLY MASSAGA OU
LE COMMANDANT KISSAMBA NGOUO
WOUNGLY MASSAGA reste, à l'instar du MANIDEM, un personnage for ambiguë.
Il apparaît comme militant de l'Union des Populations du Cameroun vers la
fin de l'année de l'indépendance (1960), alors qu'il est étudiant en
France. Il se fait remarquer parmi les activistes africains les plus
marxistes et à peine tolérés par les autorités françaises. C'est par
conséquent sans grande surprise qu'il est expulsé de ce pays pour "
activismes politiques " en 1963 avec quelques autres de ses camarades
tels que Michel NDOH
et Henri HOGBE NLEND. WOUNGLY MASSAGA va ensuite se retrouver en
Angola après quelques temps au Ghana. Mais dès 1961, WOUNGLY MASSAGA dévoile
ses ambitions de contrôler le mouvement nationaliste lorsqu'il impulse
l'idée de créer un " comité révolutionnaire " comme un
organe de continuation du combat alors que l'UPC existe toujours avec
certes un grand besoin d'organisation. Il deviendra le Secrétaire Général
du Comité révolutionnaire. De ce poste, il apparaît être le leader de
l'UPC, comme le fut UM NYOBE au poste de Secrétaire Général du Parti.
Il est donc un haut responsable de l'action armée que met en œuvre le
" Comité Révolutionnaire " et ne tardera pas de faire parler
de lui comme d'un " maquisard " avéré et extrêmement
dangereux face aux forces armées néo coloniales. C'est de cette époque
qu'il s'adjuge le pseudonyme de " Commandant KISSAMBA " qui fait
la terreur de l'armée. On dit qu'encerclé à Djoum par l'armée, il réussi
à s'en sortir grâce à une parfaite maîtrise de l'action militaire et
une imagination combative largement au dessus de la moyenne. Avant ces
exploits, Le commandant KISSAMBA, aurait été recruté au Secrétariat
administratif de l'UPC par Abel KINGUE et aurait fait de véritables
formations militaires en Chine, en URSS et en Algérie. Il a été chargé
de liaison avec l'intérieur, après avoir été initié par Ernest
OUANDIE en personne et ci-devant Président du Comité Révolutionnaire. De
graves soupçons pèsent sur WOUNGLY MASSAGA dans l'arrestation des
camarades KINGUE et NDEH NTUMAZAH à Accra en 1962.
WOUNGLY s'échappe mystérieusement du coup de filet de la police
ghanéenne alors que ses camarades sont arrêtés et emprisonnés pour détention
illégale d'armes à feu. Présenté comme très proche du Président
NKRUMAH, il aurait été, par son refus d'informer ses camarades des
instructions des autorités ghanéennes relatives à la remises des armes
détenues par tous les freedom fighter (ou combattants de la liberté) aux
forces de l'ordre.
Les adversaires du Commandant KISSAMBA disent qu'il s'agissait
d'une opération préméditée et commanditée par une main néo coloniale
et que la seule manière pour ce dernier de se prémunir des demandes de
comptes et d'éventuelles répressions vengeresses, était de garder la
haute main sur le parti. Il est alors considéré par plusieurs upécistes
comme un agent envoyé par la France pour infiltrer et noyauter l'Union
des Populations du Cameroun. Fut-il jamais exclu du parti ? Cette hypothèse
est fort peu probable, le Parti n'ayant pratiquement plus existé depuis
l'avènement du Comité révolutionnaire aux missions for ambiguës. Le
retour de OUANDIE dans le maquis intérieur n'a pas véritablement
relancer les activités de l'UPC par une organisation qui permette
d'affirmer son existence. Toujours est-il que l'on retrouve plus tard
WOUNGLY MASSAGA au Congo où il tente de monter le " deuxième front
" de rébellion avec OSSENDE AFANA et le soutien de Michel NDOH.
HOGBE NLEND est de la partie, lui, le jeune lieutenant d'OSSENDE AFANA.
Mais ce front ne dure pas bien longtemps, car le régime du sanguinaire
d'AHIDJO le met rapidement hors d'état
de nuire et réussit même l'arrestation et l'assassinat du grand
patriote OSSENDE AFANA Castor, qualifié de " dernier dangereux
terroriste " par AHMADOU AHIDJO qui exigera qu'on lui présente la tête
décapité de ce compatriote, 1er Economiste Africain, pourtant lâchement
exécuté comme un vulgaire malfaiteur par celui dont personne n'osera
jamais revendiquer un héritage particulièrement brillant
au Cameroun. Cet acte d'une barbarie inqualifiable fut commis à
NGUILILI, petite localité située à 17 km de MOLOUNDOU, devant des
paysans en pleure face à la disparition de celui qui s'était présenté
à eux comme le seul homme qui pu tenir compte de leur propre humanité.
En effet, les habitants de cette partie du territoire étaient abandonnés
dans la misère la plus abjecte, à une "colonisation" d'un type
particulier. Des commerçants musulmans originaires du Nord y imposaient
aux populations locales une organisation sociale nouvelle de type féodale
où les autochtones étaient considérés comme des sous hommes, ravalés
au rangs de " pygmées ", c'est-à-dire, aux yeux de ces
"nouveaux colons", des sous-hommes, des moins que rien. C'est
situation n'a
pas véritablement changé aujourd'hui, malgré les efforts faits
par l'élite locale scolarisée. L'enclavement y est inqualifiable, la misère
aussi que n'atténue en rien les entreprises forestières qui y prospèrent. Lorsque
naît en 1974 le Manidem, Woungly Massaga est donc déjà au banc des
patriotes et n'est plus suivi qu'autant qu'il peut être contrôlé ou
qu'il n'appelle pas à des actions "dangereuses". Il est d'un
marxisme léniniste fondamentaliste. Ses méthodes empruntent à Staline
et leurs effets ont été très néfastes à la réorganisation du
patriotisme upéciste. Il use donc de dictature dans le but de se garder
de quelques ambitions d'anciens camarades. Il sait organiser la calomnie
contre ceux qui lui font ombrage ( comme nous avons déjà dit) pour les
discréditer avant même qu'ils aient pu atteindre le but poursuivi. En
dehors de ces critiques, on reproche aussi au Commandant une gestion
personnalisée des fonds du Parti et des détournements15. Dès
l'accession à la magistrature suprême du Président BIYA en 1982,
WOUNGLY MASSAGA offre sa collaboration16 au pouvoir de Yaoundé et se
propose d'organiser les états généraux de l'opposition à partir de
l'Angola où il vit en semi clandestinité. En dehors de quelques
interviews à Radio France Internationale (RFI) et des rares articles de
journaux clandestins, on n'entend plus parler de WOUNGLY MASSAGA jusqu'à
sa subite démission du Secrétariat Général du MANIDEM en 1990. De
retour au Cameroun au cours de l'année de braise qu'est 1991, il claque
la porte de l'UPC et dénonce sans conviction la " légalisation
d'une fausse UPC ". Il étonne tout le monde en déclarant son
soutien au Président BIYA et son opposition au RDPC dont BIYA est
pourtant le Président National. Il crée " un parti politique
nouveau, distinct de tous les groupes upécistes antérieurs, ouvert à
tous les anciens upécistes de toutes les générations "...qui est
" à la fois la continuation de l'UPC ". WOUNGLY
n'y voit pas de contradictions, ni une volonté de saborder l'UPC.
C'est pourquoi il appelle son " parti " le P.S.P ( Parti de la
Solidarité du Peuple) qu'il veut d'abord appelé " PSP-UPC ".
Ni le Commandant KISSAMBA, ni son lieutenant de circonstance le brillant
et non moins bouillant Médecin ELOUGA BENG Henri Wilson ne mesurent pas
le danger de leur action pour la survie du Parti pour lequel ils
revendiquent tant de souffrances et de sacrifices. Toujours est-il qu'ils
sont les premiers à avoir appelé à la création de nouveaux partis et
à l'abandon de l'Union des Populations du Cameroun. Il s'agit par là de
la mise en place d'une stratégie désormais connu chez Woungly Massaga :
Tuer l'UPC et les craintes que porte pour lui ce parti, en se ménageant
cependant un cadre de récupération des acquis des patriotes. Le PSP dont
on dit qu'il peut tenir un meeting dans une cabine téléphonique
entreprend avec le soutien du gouvernement et de la CRTV une campagne
d'explication de ses objectifs et de son action aux camerounais. Mais
ceux-ci ne semblent y accorder que l'importance que méritent ces micro
partis sans envergures qui foisonnent depuis l'annonce du multipartisme.
Ce qui pousse le Commandant KISSAMBA à la recherche des appuis du
pouvoir. Pour ce faire, il est tantôt dur dans les critiques anti
gouvernementales " pour lever les enchères " dit-on, tantôt
silencieux pour ne pas embarrasser ceux dont il sollicite le soutien et ne
pas se compromettre aux yeux de l'opinion. En fin de compte, le Commandant
KISSAMBA se trouve pris au piège de ses propres contradictions et est
bientôt délaissé par ses amis du premier soir. Abandonné par le RDPC
dont il ne soutenait que le Président, ce dernier s'éloigne aussi de
lui, sans doute par respect pour sa base militante et parce que Woungly
lui aurait semblé dangereusement intéressé. WOUNGLY aura " végété
" à l'ombre du pouvoir pendant moins d'un mandat. Il renonce lui-même
au gîte et au couvert for insuffisant qu'on l'y prodiguait et rejoint l'UPC
en annonçant sans un Congrès à cette fin, la dissolution du PSP. Dans
son entourage, on dit qu'il a été battu au jeu des rapprochements avec
le pouvoir par KODOCK qui a pu conduire l'UPC à l'Assemblée Nationale et
a conquis 04 portefeuilles ministériels au bénéfice d'une alliance signée
à l'occasion de l'élection présidentielle d'octobre 1992. Le ralliement
de WOUNGLY MASSAGA aux options d'Augustin F. KODOCK semble annoncer la fin
de la guerre des chefs qui mine ce parti depuis sa re-légalisation. Nommé
Directeur de Publication du Journal " LA VOIX DU CAMEROUN ",
l'organe de propagande de l'UPC, on croit WOUNGLY capable de ramener tous
les dissidents du Parti à l'intérieur, y compris les manidemistes dont
il est le père spirituel et fondateur. Il n'en fut rien, et le ralliement
n'apporte aucun soutien à KODOCK. Bien au contraire, WOUNGLY se retrouve
bientôt à la tête des détracteurs gratuits du Secrétaire Général,
au mépris de tous les bienfaits personnels que lui a concédés ce
dernier. Le Commandant KISSAMBA va dès lors rejoindre le groupe NDEH
NTUMAZAH qu'il sait opposé à KODOCK et qui entretient la partition et l'émiettement
de l'électorat upéciste. Il se manifeste depuis lors par des tracts et
autres pamphlets haineux contre KODOCK qu'il critique avec une virulence
assez mal justifiée. Aujourd'hui,
le rôle de NGOUO WOUNGLY MASSAGA reste plus que flou. Ses choix sont à géométrie
variable et il est qualifié par la presse locale d'homme politique non
identifié (HOPNI). Il le restera sans doute encore longtemps. Cela semble
désormais clair dans l'esprit de ceux des camerounais qui, jeunes et
ignorants de tout ce qui concerne la lutte nationaliste, découvrent petit
à petit qui est qui et qui peut quoi pour la construction de l'état et
le bien être de toutes les populations camerounaises, sans exclusive.
Ngouo Woungly Massaga a sans doute le mérite d'avoir survécu tant de
"répression", mais a-t-il aussi permis la survie de tous ses
camarades ? Qui est-il ? Qui sert-il ? Que veut-il et que peut-il ?
L'idéologie marxiste léniniste dont il se revendique bruyamment
n'a pas concouru à l'assainissement, ni à la solidarité au sein du
mouvement nationaliste, l'union des Populations du Cameroun. Bien au
contraire, les options marxistes, et surtout staliniennes ont aggravé
l'isolement du mouvement et des militants tant à l'étranger qu'à l'intérieur.
Etait-ce simplement une erreur politique ou
comme disent certains de ses détracteurs, une mission de
destruction dont il est mal payée aujourd'hui ? L'histoire, si mal usitée
en Afrique, y apportera sans doute un jour son infaillible éclairage, et
peut-être son jugement. Georges
Anicet EKANE EKANE
Anicet fait partie de ces jeunes intellectuels camerounais des années
soixante dix vibrant de patriotisme et du désir de se sacrifier pour leur
pays, et qui, n'ont pas d'autre recours que l'adhésion à l'Union des
Populations du Cameroun. EKANE adhère semble - t - il au parti en France
en 1971, au lendemain de l'odieux assassinat d'Ernest OUANDIE. Dès 1974,
il se retrouve comme la plupart des upécistes marxistes de cette époque
dans le courant du Manidem. Il devient co animateur du Journal "
subversif " et clandestin KAMERUN NOUVEAU et instigateur de plusieurs
" opérations " de propagande anti gouvernementale. Son nom est
par exemple fortement lié à " l'affaire des tracts " qui en
1976 donne l'occasion au pouvoir d'AHMADOU AHIDJO de procéder à
l'arrestation et à l'emprisonnement de plusieurs compatriotes dont
beaucoup d'étudiants de l'Université de Yaoundé. Mais malgré cet
activisme anti gouvernemental d'Ekanè, on le surprend trop souvent en
compagnie de personnes réputées membre de la police politique (Dirdoc -
Sedoc- Cener) d'AHIDJO. Le rapport entre un quelconque résultat favorable
à l' UPC de ses initiatives et le démantèlement
des groupes upécistes nationaux encore en lutte est tellement défavorable
à Ekanè qu'il est presque mis au banc des accusés de trahison par les
patriotes. Il déclare se démarquer de Woungly Massaga
en 1982 en " raison de divergence de vue", dit-il. Mais
cette année là, WOUNGLY est déjà considéré comme traître à la
cause upéciste du fait des propositions de collaboration qu'il fait au
gouvernement de Yaoundé. Certains considèrent cette attitude d'Anicet
EKANE
comme un repli stratégique qui lui permet de rester en dehors des
soupçons qui pèsent sur son camarade et
Secrétaire Général du Manidem. Toujours est-il que beaucoup s'étonnent
de le voir rentrer au pays en 1989 sans être inquiété de manière
notable. Son activisme s'atténue considérablement et on ne le voit pas
manifester une quelconque volonté de relance des activités de l'UPC, à
l'instar de Joseph SENDE, qui tenta une action judiciaire à cette fin. Au
contraire, on retrouve EKANE dans un activisme d'un autre genre : on
chuchote en effet qu'il émarge au Cener. Aussi, lorsqu'il se trouve mêlé
en 1990 à l'affaire YONDO, du nom d'un Avocat de Douala, ancien Bâtonnier
de l'ordre des Avocats du Cameroun, beaucoup pensent qu'il est en mission
commandée. Cet Avocat réputé avait envisagé la création d'un parti
politique avec un groupe de personnes trop hétéroclite pour garantir la
sécurité des informations. Ils furent dénoncés, arrêtés et emprisonnés.
Leur procès intervient sur pression du Conseil de l'ordre des Avocats
dirigé par Me Bernard MUNA, plusieurs mois plus tard et révèle
que le groupe était noyauté par le CENER, la police politique.
Mais qui de BANINI ou d'EKANE Anicet a vendu la mèche ? Sans donner une réponse
formelle à cette interrogation, le procès lance plutôt notre homme au
devant de l'actualité. Il s'en tire grandi comme étant de ceux par qui
est venue la démocratie camerounaise. Usant de son ancien militantisme
upéciste,
EKANE devient un héros de la démocratie. C'est donc sans surprise qu'on
le retrouve dans les réunions diverses et multiples qui aboutissent en février
1991 à la re-légalisation de l'Union des Populations du Cameroun.
Toutefois, EKANE s'oppose à la légalisation du Parti au prétexte que l'UPC
ayant été interdite avait existence
légale et il fallait exiger de l'administration, la levée
d'interdiction. EKANE se mettra donc en marge des actions tendant à la
reprise des activités du Parti pour reconstituer avec les intellectuels
de retours d'exil, le Manidem à l'idéologie Marxiste Léniniste. Les
mauvaises langues disent qu'il convoitait la Poste de Secrétaire Général,
mais qu'ayant échoué, il organise des campagnes de dénigrement et de
calomnies pour présenter les dirigeants choisis comme des collaborateurs
à la solde du pouvoir. Il est remarquable de noter que ce " jeune
loup " de la politique camerounaise ne croit plus au sigle UPC ni à
l'unité de ce parti. " Il n'est pas question, dit-il, de mettre dans
le même panier les alliés du régime néo-colonial et les continuateurs
de la lutte révolutionnaire ". Alliés de régime néo-colonial
renvoie à tous les patriotes de l'intérieur qui, refusant l'exil, sont
rentrés ou restés au pays. C'est sans doute pourquoi, il rassemble si
vite et si facilement les compatriotes rentrés d'exil. Il croit pouvoir
créer le " MOUVEMENT AFRICAIN POUR LA NOUVELLE INDEPENDANCE
(MANIDEM) en lieu et place de l'UPC MANIDEM (Manifeste Démocratique) qui,
bien qu'ayant déposé un dossier de création de parti, n'a pas pu
effectivement fonctionner, victimes de moults et illégales obstructions
de l'administration. EKANE
Georges Anicet a toujours eu l'ambition de contrôler l'Union des
Populations du Cameroun. Il n'y est pas arrivé et s'est accrocher à
" son MANIDEM qui n'a pas pu décoller non plus. Ceci n'est pas étonnant
au regard des objectifs poursuivi par l'homme : ..." rassembler les
vrais upécistes " ! Ceux-ci semblent naturellement se sentir mieux
à l'intérieur de l'UPC où ils se battent pour le redressement de ce
parti. La plupart des intellectuels qu'EKANE a ébloui quelques temps du
fait de l'affaire YONDO et de son opposition par trop radicale l'ont quitté
pour rechercher les voies de l'unité de l'Union des Populations du
Cameroun. EKANE continue de temps en temps, à travers des articles de
presse dans des journaux bien ciblés, à se prévaloir d'un nationalisme
révolutionnaire aux idées d'extrême gauche. Il se fait aussi remarquer
dans les mouvements associatifs civils qui, pense t - il, auront un grand
rôle à jouer dans le processus de changement politique au Cameroun.
" Ils sont l'espoir de notre pays ". Mais ici, encore, il est
regardé avec suspicion
et à distance de préférence. Ses anciens associés tels DJEUKAM
TCHAMENI ayant souffert de fuite par trop bizarre. En effet, EKANE que
l'on sait un redoutable et courageux agitateur des masses, est co
fondateur de CAP-LIBERTE, une association politique régie par la loi sur
les associations18 et inventeur des " cartons rouges et jaunes "
qui, à l'époque des villes mortes, ont rythmé la circulation des hommes
et des biens à Douala. L'observateur remarquera enfin que la presse a
presque de manière générale, toujours caresser Georges Anicet EKANE
dans le sens du poil. Fait-il vraiment un parcours dans faute ? L'histoire
nous le dira. MICHEL
NDOOH Le
nom de Michel NDOOH apparaît sporadiquement dans les milieux upéciste
des années 1990. Faisant de cet homme un autre personnage si peu connu de
la jeune génération. Pourtant, NDOOH Michel fait partie des patriotes
qui adhèrent à l'Union des Populations du Cameroun pratiquement dès sa
création. En effet, c'est en 1950 qu'il prend sa carte de Parti, deux ans
seulement après sa création, au Comité de base de TOULOUSE, avec
d'autre compatriotes dont Augustin Frédéric KODOCK, OSSENDE AFANA
Castor, ou encore Paul TESSA
et
Jacques Roger BOOH BOOH. Son militantisme et son engagement sont
remarquables et lui valent d'être parmi les cadres envoyés au Ghana dans
l'optique de la continuation de la lutte patriotique après la mort de
Ruben UM NYOBE. L'UPC bénéficie en effet à cette époque du soutien de
KWANE NKRUMA, le panafricaniste et leader du nationalisme Ghanéen.
Lorsque le Comité Révolutionnaire, l'organe de continuation de l'action
upéciste est crée en 1962, NDOOH Michel se trouve au Secrétariat chargé
des questions administratives et juridiques. Il a en effet une solide
formation de juristes acquise à la Faculté de Droit de TOULOUSE en
France et Couronnée par un Doctorat. Plusieurs témoignages concordent
pour dire que depuis la mort de Ruben UM NYOBE, Michel NDOOH vit entre le
Ghana et la France d'où il sera expulsé et interdit de séjour en Juin
1963. Ses compagnons d'infortune sont Henri HOGBE NLEND et NGOUO WOUNGLY
MASSAGA. NDOOH Michel aurait quitté la France déguisé en prêtre pour
se rendre en Suisse où il va exercer en qualité d'Avocat. Il suit sans
beaucoup d'engagement semble - t - il, les activités du MANIDEM devenu
après la mort d'Ernest OUANDIE, le dernier relais de l'activisme
upéciste.
Cette proximité traduit davantage le marxisme léninisme de Michel NDOOH
qu'un réel soutien de cette structure dont il ne maîtrise pas tous les
tenants ni aboutissants. Mais il ne ressort nulle part que NDOOH Michel
est aussi partisan des méthodes staliniennes qui ont été le socle du
maintien pour une certaine hiérarchie à " l'UPC ". Les
dirigeants du MANIDEM croient en effet détenir à partir de
l'organisation né en 1974, un leadership incontestable de l'UPC. Mais
Michel NDOOH semble croire à cette continuation
du combat et se propose de remplacer WOUNGLY MASSAGA à la tête du
Manidem lorsque ce dernier démissionne en 1990. Il tente alors une véritable
réorganisation du Parti à partir du noyau
du MANIDEM, mais son éloignement du pays et de la France où réside
la plus grande partie des upécistes exilés, ajouté au découragement
qu'a causé l'absence de toute forme d'organisation, ne lui permettent pas
de relancer le mouvement nationaliste. L'absence d'une loi d'amnistie le
contraint donc à rester loin du terrain d'opération et, s'il exprime aux
acteurs du terrain son soutien, il ne sera malheureusement pas parmi les
leaders qui "re légalisent" l'UPC. Il a accusé ce coup, car à
son retour d'exil en 1991 après une loi d'amnistie, ses partisans pro
manidem organisent un accueil en triomphe dès l'aéroport de Douala. Il
se déclare " vrai héritier du parti, vrai responsable légitime de
l'UPC et est soutenu par un défilé de plus de deux cent motos dans la
rues de la ville. Il se révèle ainsi contre la Direction qui s'est formée
et lui déclare en quelque sorte la guerre. Soutenu par les MAKIT également
de retour d'exil, NDOOH Michel commet à nos yeux sa première erreur en
privilégiant les antagonismes au lieu de tenter une capitalisation
raisonnable des acquis locaux. Aucun élément ne lui permet de croire
qu'il ne sera pas admis dans les instances de Direction, même pas le
marxiste dont il se revendique. En rejoignant EKANE Anicet qui anime une véritable
dissidence au sein de l'UPC, NDOOH Michel commet une autre erreur car il
va s'enliser dans des combines qu'il ne maîtrise pas et s'en rendra bien
vite compte. En effet, avec la plupart des intellectuels rentrés d'exil,
NDOOH rejoint le groupe qui veut créer l'UPC MANIDEM. Il en devient le
Secrétaire Général sans coup férir, auréolé qu'il
était de sa qualité de Secrétaire Général du MANIDEM (certains
diront de l'UPC). est bientôt confronté aux obstructions de
l'administration et son UPC MANIDEM ne peut s'exprimer qu'à travers des
tracts pamphlétaires contre " l'UPC DIKA ". Le potentiel
intello - révolutionnaire dont l'UPC MANIDEM se prévalait n'a pas fait
mieux que de nuire à la dynamique unitaire impulsée à Nkongsamba au
cours du 3ème Congrès de l'UNION DES POPULATIONS DU CAMEROUN. L'UPC
MANIDEM a maintenu un radicalisme incompréhensible et sans alternative
face aux efforts tendant à l'unité du parti. Ses exigences pour le départ
de Kodock et de Dika, ne pouvait se réaliser que si les organes du parti
étaient reconstitués et la discipline des statuts réaffirmées.
Pourtant, NDOOH Michel et ses amis se sont illustrés par une bataille
sans merci contre la réorganisation disciplinée de l'UPC, en prônant la
création de ces micro " partis d'obédience upécistes " et de
ces factions sans envergure, mais forcément porteuses de l'émiettement
de ses suffrages. La création de ces micro partis a plutôt été une démission
pure et simple, un abandon du parti à ceux-là même que le
MANIDEM rejetait. Un militantisme patient et l'organisation du parti nous
semblent seuls capables de créer une dynamique d'alternance au sommet qui
préserve l'organisation. En prônant l'isolement et la partition de l'UPC,
le MANIDEM n'a fait qu'affaiblir le Parti et la réorganisation du
patriotisme upéciste, sans générer ni un parti nouveau plus fort, ni
une quelconque force sociale capable de suppléer la carence ainsi organisée.
Les courants crées, n'étaient dès lors que l'expression d'ambitions
personnelles de certains individus. En tant que tel, leur échec était
ainsi inscrit dans leur naissance. L'UPC MANIDEM elle-même n'a pas pu
restée une force homogène. Elle s'est vite éclatée au gré des
ambitions personnelles en UPC MANIDEM et en MANIDEM entendez, manifeste
pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie légalisée en 1993.
Anicet EKANE est " leader " de ce dernier parti, alors que NDOOH
Michel est resté avec L'UPC MANIDEM dont il s'est réclamé Secrétaire Général
pendant quelques temps. Une fois de plus l'on peut se poser la question du
rôle du MANIDEM dans la réorganisation de l'UPC. On note avec l'histoire
que le Manidem a été autour de l'arrestation de beaucoup trop de
patriotes, qu'il a aggravé les dissensions idéologiques à l'UPC des années
1970 et , par un radicalisme gratuit, favorisé en 1990, la partition et
l'affaiblissement de l'Union des populations du Cameroun. On n'a pour
ainsi dire pas observer d'autres adversaires du MANIDEM que l'Union des
Populations du Cameroun. NDOOH
Michel prend-il conscience de ce rôle controversé du Mouvement dont il
revendique le Secrétariat Général lorsqu'il accepte de discuter en 1996
des perspectives de l'UNITE DE L'UPC avec Augustin Frédéric KODOCK qui négocie
alors secrètement de l'unité de son parti avec toutes les forces en présence.
Mais ces discussions n'aboutissent qu'à une tentative de prendre une
" part " de la direction du Parti sans permettre à la base
d'opiner seulement sur la question. NDOOH demande concrètement la création
du Poste de Secrétaire Général Adjoint qui lui sera confié. Sans
refuser, KODOCK propose à Michel NDOOH de faire sa proposition au Congrès
Programmé à MAKAK les 6, 7 et 8 Septembre 1996. Mais Michel NDOOH ne se
sentant pas le courage de rejoindre cette UPC dont il a organisé le dénigrement
dans la presse, ne prend pas part aux assises du congrès de Makak organisé
sous la bannière de KODOCK. Il est par contre présent à celui de Yaoundé,
organisé en violation des statuts et des lois de la République sous la
bannière d'OMAH BETOW, ANDZE TSOUNGUI et NDEH NTUMAZAH. Quitte-t-il alors
définitivement l'UPC MANIDEM ? Cela est probable car non seulement il se
croit élu Secrétaire Général de l'UPC, mais il annonce la dissolution
de l'UPC MANIDEM. Les puristes et les formalistes se sont étonner de la
dissolution d'un parti politique sans un congrès à cette fin, ni une
instance de ce genre annoncée. Mais NDOOH Michel continue à faire peur
à ses nouveaux amis du groupe NTUMAZAH en raison, disent certains, de son
marxisme qui le met en déphasage des réalités, et, disent d'autres, de
son patriotisme inconditionnel et ardent qui ne sied pas à ceux qui
manipulent manifestement les divisions de l'UPC (dont ANDZE TSOUNGUI,
ancien Vice Premier Ministre chargé de l'administration Territoriale).
Aussi sera t-il démis de ses fonctions moins d'un an après son élection
dans les formes curieuses, à la suite d'une réunion de commémoration
des martyrs du peuple Camerounais. Né en 1930, l'âge n'est pas son
meilleur atout et plusieurs de ses camarades au patriotisme éculé lui
font de l'obstruction quand ils ne jouent pas littéralement contre lui.
Ceux qui voient en ce patriote un homme qui a tout fait pour l'UPC,
continuent de croire en la prise de conscience de Michel NDOOH pour le
voir s'engager dans la recherche de l'unité de l'Unions de Populations du
Cameroun qui animent tous les vrais patriotes aujourd'hui. Une unité de
la base qui intègre notamment la jeunesse de ce pays. En dernier analyse, les activismes du Comité révolutionnaire au départ, puis du manidem par la suite, révèle le combat mené depuis la mort du leader Ruben Um-Nyobè par les patriotes libéraux de garder l'Union des Populations du Cameroun en dehors du giron marxiste, et de maintenir le parti dans sa philosophie originelle de défense des intérêts fondamentaux du peuple camerounais contre les avatars du colonialisme que développent et perpétuent les agents du néo colonialisme mondial en Afrique. Ce combat mal perçu en occident n'a pas encore permis de faire comprendre et soutenir le vrai combat de l'UPC. Les nouvelles divisions créées par les groupes nouveaux à la recherche des bénéfices du pouvoir ont encore compliqué les efforts de la direction du parti dans le sens de l'impulsion d'un pouvoir politique fort, libre et démocratique au Cameroun |
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